Abou Dabi accueillera, le 13 janvier 2026, la cérémonie de distinction des lauréats du Prix Zayed pour le développement durable, récompense internationale créée par les Émirats arabes unis pour soutenir des solutions innovantes dans les domaines de l’énergie, de l’eau, de la santé, de l’alimentation et du climat.
Le prix Zayed pour le développement durable participe au positionnement émirati en tant qu’acteur central du développement durable, en cohérence avec une stratégie ambitieuse de neutralité carbone à l’horizon 2050 et des investissements massifs dans les énergies propres.
L’édition prévue le 13 janvier 2026 se distingue déjà par une forte mobilisation africaine, confirmant le rôle du continent comme une place émergente de l’innovation durable et un partenaire indispensable des Émirats qui s’affichent comme un médiateur sur les questions environnementales.
Depuis plus d’une décennie, les Émirats multiplient les initiatives en matière de développement durable. L’année de la durabilité lancée en 2023, et la stratégie Net Zéro 2050 soutenue par d’importants investissements publics (plus de 140 milliards d’euros prévus pour les énergies renouvelables) en sont des jalons importants.
L’ambition émiratie est claire : réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre et porter à 75 % la part des énergies propres dans le mix énergétique d’ici à 2050. Le pays abrite notamment le parc solaire Mohammed Bin Rashid Al-Maktoum, l’un des plus vastes au monde, qui contribue à alimenter plus de 320 000 foyers.
Abou Dabi s’est également positionnée comme capitale mondiale du dialogue sur ces enjeux. La Semaine du développement durable d’Abou Dabi (ADSW), qui réunit chaque année décideurs, entreprises et scientifiques, illustre cette volonté d’animer la scène internationale.
L’édition 2025 a mis en avant la convergence entre intelligence artificielle, transition énergétique et développement socio-économique, confirmant le rôle des émirats comme incubateur de solutions globales.
Au-delà des conférences, des instruments concrets structurent cet engagement. Le Prix Zayed pour le développement durable, lancé en 2008, a déjà récompensé 128 lauréats ayant amélioré la vie de plus de 400 millions de personnes dans le monde. Ce prix, à forte dimension diplomatique, illustre l’ambition des Émirats de soutenir l’innovation à impact à l’échelle internationale.
Masdar, fer de lance de la stratégie émiratie
Créée en 2006, Masdar (Abu Dhabi Future Energy Company) est aujourd’hui l’un des acteurs mondiaux les plus actifs dans le développement des énergies renouvelables. Présente dans plus de 40 pays avec une capacité installée dépassant 50 gigawatts, l’entreprise vise un portefeuille de 100 GW d’ici à 2030 ainsi qu’un rôle majeur dans la filière émergente de l’hydrogène vert.
L’Afrique occupe une place croissante dans cette stratégie de croissance. En janvier dernier, lors de l’ADSW, Masdar a signé plusieurs accords dans le cadre de l’Initiative Etihad 7, visant à déployer 20 GW d’énergies propres sur le continent africain d’ici à 2035.
Des projets solaires, éoliens et hydroélectriques sont déjà engagés en Angola, en Zambie et en Ouganda (5 GW cumulés), tandis que de nouveaux partenariats ont vu le jour en Côte d’Ivoire, où Masdar développe une centrale solaire de 70 MW.
Ces initiatives s’ajoutent à des projets en Égypte, au Maroc, aux Seychelles ou en Mauritanie, confirmant une volonté de long terme. Comme le souligne Mohamed Jameel Al Ramahi, PDG de Masdar, l’Afrique recèle « un énorme potentiel » pour les énergies renouvelables, mais aussi pour l’hydrogène vert. Ses capacités solaires sont notamment évaluées à 60 millions de TWh par an, soit près de 40 % des ressources solaires mondiales.
Dans cette logique, la société de capital-risque 500 Global a annoncé en août 2025 l’ouverture d’un bureau à Abou Dabi, avec un plan d’investissement de 300 millions de dollars sur deux ans dans les marchés émergents. Placée sous la direction de Dr. Alaa Murabit, ancienne responsable à la Fondation Gates, cette initiative cible notamment l’Afrique, le Brésil, le Golfe et l’Inde.
Cette montée en puissance illustre une double logique : soutenir les ambitions africaines en matière d’électrification et de transition énergétique, tout en consolidant le rôle des Émirats comme partenaire incontournable de la transformation mondiale vers la neutralité carbone.
L’Afrique, terreau d’innovation durable
Si l’Afrique est au cœur des investissements émiratis, elle s’impose aussi comme un pôle d’innovation reconnu. Les 7 761 candidatures au Prix Zayed 2026, dont une part significative provient du continent, en sont une illustration. L’Éthiopie figure même parmi les cinq pays ayant soumis le plus grand nombre de projets. Ces candidatures africaines se distinguent par leur capacité à combiner technologies de pointe et savoirs locaux.
Dans la catégorie Action climatique, elles se démarquent par des approches basées sur la nature et les connaissances de terrain. Dans l’alimentation, l’accent est mis sur l’agriculture de précision et la robotique agricole, adaptées aux petits exploitants.
Les startups du continent africain incarnent cette dynamique. La sud-africaine Abalobi révolutionne la pêche artisanale grâce à la block Chain et à l’IA. La tchadienne Telemedan propose des kiosques de télémédecine solaires, véritables « hôpitaux en boîte ».
L’égyptienne Rology pallie la pénurie de radiologues grâce à la télé radiologie alimentée par l’intelligence artificielle. Finalistes du Prix Zayed, ces jeunes entreprises démontrent que l’innovation africaine n’est pas seulement réactive face aux contraintes, mais aussi exportable et transformative à l’échelle mondiale.
En 2024, près d’un tiers des fonds levés par les startups africaines concernaient déjà la « climate tech », preuve que l’innovation verte est devenue l’un des moteurs de l’entrepreneuriat africain. Au-delà de ces réussites individuelles, le continent attire aussi de plus en plus d’investissements liés au climat. En l’espace de deux ans, les financements ont bondi de près de 50 %, dépassant même les 50 milliards de dollars en 2022.
La montée en puissance de 500 Global depuis son nouveau bureau émirati s’inscrit dans cette dynamique : son programme d’investissements vise la santé, l’alimentation, l’adaptation climatique, le numérique et l’équité de genre, avec une forte composante africaine.
Mais les défis restent immenses : chaque année, l’Afrique aurait besoin de près de 190 milliards de dollars d’investissements pour s’adapter au changement climatique et accompagner sa transition, alors qu’à peine un quart de cette somme est aujourd’hui mobilisé.
AP/Sf/APA







