Ce mercredi 19 novembre verra l’installation de la cuve du réacteur de la première unité de la centrale nucléaire d’Al-Dabaa. Une étape qui marque l’entrée concrète de l’Egypte dans la phase la plus stratégique de son projet nucléaire.
L’Egypte s’apprête à franchir une étape dans le nucléaire civil. L’annonce a été faite le 10 novembre par le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, lors de sa visite au Caire et de son entretien avec la conseillère du président égyptien pour la sécurité nationale, Fayza Aboul-Naga. M. Choïgou a révélé que l’installation du corps du réacteur dans la première unité de la future centrale nucléaire d’Al-Dabaa aura lieu ce mercredi 19 novembre. Cet événement, qualifié d’étape « exceptionnelle » par le haut responsable russe, marque l’apogée d’une coopération stratégique et symbolise l’entrée concrète de l’Egypte dans l’ère de l’énergie atomique civile.
L’installation de la cuve du réacteur de la première unité de la centrale nucléaire d’Al-Dabaa constitue l’une des opérations les plus délicates et des plus déterminantes pour l’avenir de la centrale équipée de quatre réacteurs d’une puissance électrique de 1,2 GW chacun. Cette cuve en acier, capable de résister à des pressions et températures extrêmes, devra abriter le coeur du réacteur où se déroulent la réaction de fission nucléaire, des réflecteurs et des moyens de contrôle de la réaction.
« Pour Le Caire, c’est bien plus qu’un progrès technique : c’est le début d’un chapitre énergétique nouveau, conçu pour renforcer la sécurité électrique, soutenir l’industrie et affirmer le rôle régional de l’Egypte », a déclaré Ali Abdel-Nabi, ancien vice-président de l’Autorité de l’énergie nucléaire, rappelant que l’Egypte est le second pays à exploiter une centrale nucléaire en Afrique après l’Afrique du Sud.
Opinion partagée par Ahmed Badawi, expert des systèmes nucléaires, qui explique que la marge d’erreur est imperceptible. Chaque pièce doit être positionnée avec une précision de l’ordre du millimètre.
« Cette étape consacre l’entrée de l’Egypte dans la phase nucléaire proprement dite, réservée aux pays capables de répondre aux exigences internationales les plus strictes », explique-t-il.
Après cette installation, une série de tests non nucléaires sera menée pour vérifier l’intégrité des systèmes, suivie du test chaud qui consiste à une simulation complète du fonctionnement du réacteur sans combustible avant de passer à la phase de chargement du combustible.
Le partenariat avec l’entreprise russe Rosatom constitue l’un des piliers du projet. Rosatom supervise la fabrication des équipements lourds, leur transport et leur assemblage, tout en assurant la formation de centaines d’ingénieurs égyptiens. Les réacteurs installés à Al-Dabaa sont du même modèle que ceux déjà en service dans les centrales de Leningrad et de Novovoronezh en Russie, ainsi que dans la centrale d’Astrovets en Biélorussie.
La centrale d’Al-Dabaa est située au bord de la mer Méditerranée, à un peu plus de 100 kilomètres à l’ouest d’Alexandrie.
« Près de 60 % des investissements du projet sont consacrés aux systèmes de sûreté. Cela place Al-Dabaa parmi les centrales nucléaires les plus sûres au monde », précise Alexander Voronkov, directeur régional de Rosatom. Il clarifie que la technologie VVER-1200 utilisée pour les quatre unités qui forment la centrale est conçue pour résister à la chute d’un avion de grande taille et à des séismes de magnitude 9.
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