Les exportations non pétrolières égyptiennes ont enregistré une hausse record de 17 % en 2025, tirées notamment par un doublement des ventes d’or, selon des données officielles, dans un contexte de fragilité persistante du secteur énergétique.
Les exportations non pétrolières de l’Égypte ont atteint 48,5 milliards de dollars en 2025, contre 41,5 milliards un an plus tôt, soit une progression annuelle de 17 %, a annoncé mardi le ministre de l’Investissement, Hassan El-Khatib, dans un communiqué publié le 27 janvier. Cette performance constitue l’une des plus fortes hausses enregistrées ces dernières années pour le commerce extérieur égyptien hors hydrocarbures.
Selon la même source, cette dynamique a contribué à une réduction du déficit de la balance commerciale de 9 %, celui-ci s’établissant à 34,4 milliards de dollars, contre 37,8 milliards en 2024. Dans le même temps, les importations ont progressé de 5 % pour atteindre 83 milliards de dollars, une hausse contenue qui, combinée à l’accélération des exportations, a permis de stabiliser les principaux indicateurs commerciaux du pays.
La structure des exportations demeure dominée par les matériaux de construction, qui totalisent 14,8 milliards de dollars, suivis des produits chimiques et des engrais avec 9,4 milliards. Les industries agroalimentaires affichent également une performance solide à 6,8 milliards de dollars, tandis que le secteur de l’ingénierie électronique a généré 6,4 milliards, confirmant la diversification progressive de l’offre exportatrice égyptienne, notamment vers les marchés des Émirats arabes unis, de la Turquie et de l’Arabie saoudite.
La principale surprise de l’exercice provient toutefois du secteur aurifère. Les exportations d’or ont plus que doublé en un an, passant de 3,2 milliards de dollars en 2024 à 7,6 milliards en 2025, dans le sillage de la forte hausse des cours mondiaux enregistrée l’an dernier. Cette évolution renforce le poids des métaux précieux dans les recettes extérieures non pétrolières.
Cette amélioration globale intervient cependant dans un contexte de pression persistante sur le secteur énergétique. La hausse de la consommation intérieure contraint l’État à réorienter une part croissante de la production vers le marché local, tandis que les ventes de produits pétroliers à l’export reculent. La CAPMAS a ainsi indiqué le 13 janvier que les ventes de produits pétroliers avaient chuté de 29,6 % en octobre 2025.
Pour atténuer ce déséquilibre, le gouvernement intensifie ses efforts d’attraction des investissements étrangers dans les hydrocarbures. Des groupes internationaux tels qu’Eni, Shell et Chevron ont annoncé des projets visant à accélérer l’exploration et la production en Méditerranée et dans le Delta. L’exécutif ambitionne de porter la production de gaz naturel à environ 5 milliards de pieds cubes par jour d’ici fin 2025, tout en misant, à moyen terme, sur les secteurs non pétroliers pour garantir la stabilité du compte courant.
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