Le ministre d’État algérien chargé des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a été reçu lundi à Tunis par le président de la République tunisienne, Kaïs Saïed, dans le cadre de sa visite officielle en Tunisie à l’occasion de la réunion ministérielle du mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye. La rencontre s’inscrit dans une séquence diplomatique devenue récurrente entre Alger et Tunis, dominée par un vocabulaire de fraternité et de solidarité régionale.
Selon le communiqué officiel algérien, Ahmed Attaf a exprimé la volonté de renforcer la coopération bilatérale, en s’appuyant sur une « vision intégrée » du partenariat entre les deux pays. Une formulation largement consensuelle, mais qui peine, jusqu’ici, à se traduire par des avancées structurelles visibles, notamment sur les plans économique, sécuritaire ou commercial.
Les échanges ont également porté sur les conclusions de la 23ᵉ session de la Grande Commission mixte algéro-tunisienne. Les deux parties ont souligné la nécessité de transformer ces résultats en projets concrets et en réalisations tangibles. Un objectif régulièrement affiché depuis plusieurs années, mais dont la matérialisation reste limitée, dans un contexte où la Tunisie traverse une crise économique profonde et où l’Algérie demeure prudente dans ses engagements financiers régionaux.
Sur le dossier libyen, la rencontre a mis en avant l’importance du mécanisme tripartite regroupant l’Algérie, la Tunisie et l’Égypte. Présenté comme un cadre de coordination destiné à soutenir les Libyens et à préserver la souveraineté et l’unité du pays, ce mécanisme continue toutefois d’opérer sans représentation libyenne directe, ce qui fragilise sa crédibilité politique et interroge son efficacité réelle sur le terrain.
Au-delà des déclarations, cette séquence diplomatique illustre les convergences mais aussi les impasses des politiques étrangère algérienne et tunisienne. Toutes deux revendiquent un rôle stabilisateur dans leur voisinage immédiat, sans disposer pour autant des leviers économiques, institutionnels ou diplomatiques suffisants pour influer de manière décisive sur les crises régionales, en particulier en Libye.
Dans un contexte régional marqué par la recomposition des alliances et l’activisme croissant d’acteurs extra-régionaux, la relation algéro-tunisienne apparaît ainsi davantage comme un partenariat de proximité politique que comme une force motrice capable de produire des initiatives structurantes et crédibles à l’échelle maghrébine.
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