En pleine montée des tensions autour du Nil et du barrage éthiopien de la Renaissance, le président Abdel Fattah Al-Sissi a insisté dimanche sur la modernisation des systèmes d’eau et d’irrigation et la mise en œuvre de la stratégie nationale « Sécurité de l’eau pour tous 2050 ».
Réuni avec le Premier ministre Mostafa Madbouly et le ministre de l’Irrigation Hani Sewilam, le chef de l’État égyptien a fait le point sur l’état des ressources hydriques et l’avancement des projets stratégiques, dont le Nouveau Delta et les stations de traitement des eaux usées agricoles. Selon le communiqué présidentiel, l’accent sera mis sur “les investissements continus, les technologies intelligentes et la gestion des eaux souterraines” afin d’anticiper les besoins croissants du pays.
L’Égypte dépend à 97 % du Nil pour son approvisionnement et considère la mise en service unilatérale du Grand barrage de la Renaissance éthiopien (GERD) comme une menace existentielle. Al-Sissi a rappelé, le 12 août, que la sécurité hydrique du pays constitue une « ligne rouge » et que les droits historiques de l’Égypte sur le fleuve ne sont pas négociables.
Face à cette situation, Le Caire a renforcé sa stratégie d’adaptation interne, fondée sur quatre axes : développer les ressources en eau, rationaliser leur usage, améliorer leur qualité et créer un cadre favorable à une gestion durable. L’Égypte investit également dans la coopération régionale, avec plus de 100 millions de dollars alloués à des projets hydriques sur le continent et la formation de 1 650 experts africains.
Le ministre Hani Sewilam a présenté le concept du « système d’irrigation de deuxième génération », intégrant satellites et capteurs pour surveiller les cours d’eau et optimiser l’irrigation. De grands projets de traitement des eaux, tels que les stations de Bahr al-Baqar, du Nouveau Delta et d’Al-Mahsama, visent par ailleurs à sécuriser l’approvisionnement en eau potable et à soutenir l’expansion agricole.
Cette réaffirmation intervient alors que les négociations avec l’Éthiopie sur le barrage restent au point mort, accentuant les inquiétudes sur l’avenir des ressources hydriques de la région.
MK/Sf/APA







