L’enseignement catholique au Mali fait face à une crise majeure depuis l’entrée en vigueur du protocole d’accord conclu le 3 avril 2025 entre le gouvernement et la Conférence épiscopale. Ce texte prévoit la suppression progressive des subventions publiques, interrompues depuis le 30 juin 2025, et a déclenché une première vague de licenciements dans les écoles catholiques.
Signé pour la période 2024–2025, le protocole du 3 avril 2025 acte la fin d’un soutien de l’État en place depuis 1972. En guise de mesures transitoires, le gouvernement a débloqué 2,867 milliards FCFA pour couvrir l’année scolaire en cours, soldé 1,5 milliard FCFA d’arriérés et annulé une dette fiscale de 494 millions FCFA. En retour, la Conférence épiscopale s’est engagée à maintenir l’activité éducative dans la mesure du possible et à transmettre, d’ici au 31 janvier 2025, la liste des écoles susceptibles de fermer.
La mesure de licenciement concerne 1 613 enseignants répartis dans 138 établissements catholiques, accueillant environ 40 000 élèves. Le protocole prévoit que l’État prendra en charge 50 % des indemnités de licenciement. Deux vagues de suppressions de postes sont programmées : la première a démarré début juillet, la seconde est prévue pour fin août 2025.
Le gouvernement justifie cette réforme par le besoin de garantir une gestion rigoureuse des fonds publics, d’assurer une équité entre les différents types d’écoles et de respecter le principe de laïcité. Les syndicats, eux, alertent sur les risques sociaux et éducatifs liés à ces licenciements massifs.
Des discussions sont toujours en cours pour anticiper l’impact sur la rentrée scolaire 2025–2026, notamment la réaffectation des élèves vers d’autres établissements, publics ou privés.
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