Le président libérien Joseph Boakai a annoncé, dimanche à Buchanan, une série de mesures destinées à renforcer la préservation et la mise en valeur de l’histoire du Libéria, estimant que la connaissance du passé constitue un levier essentiel pour construire l’avenir du pays.
« Une nation qui comprend son histoire est mieux préparée à façonner son avenir », a déclaré le président libérien Joseph Boakai dans un discours prononcé à l’occasion du 179e anniversaire de l’indépendance du Libéria.
Le chef de l’Etat a annoncé un plan de modernisation des Archives nationales et du Musée national, qui prévoit notamment la réhabilitation des infrastructures, la numérisation des documents historiques, le renforcement des dispositifs de conservation et l’élargissement de l’accès du public aux collections.
Il a également ordonné la mise en place d’un comité technique intergouvernemental chargé de formuler des recommandations en vue de la restauration et de la modernisation du Centre culturel de Kendeja, considéré comme un important espace de conservation et de transmission du patrimoine national.
Selon Joseph Boakai, ces initiatives seront menées en collaboration avec des partenaires internationaux, des universités, des bibliothèques, des services d’archives et des institutions culturelles. Elles devraient notamment permettre de récupérer et de rapatrier des copies de documents historiques liés au Libéria, conservés à l’étranger.
Le président libérien a toutefois insisté sur la nécessité de placer les Libériens au centre des travaux de recherche, d’interprétation et de présentation de leur propre histoire.
« En tant que Libériens, nous devons rester au cœur de la recherche, de l’interprétation et de la présentation de l’histoire du Libéria, pour nous-mêmes et pour le monde », a-t-il souligné.
M. Boakai a, par ailleurs, annoncé la relance du Projet d’histoire nationale recommandé par la Commission Vérité et Réconciliation. Il a précisé que ce programme serait conduit par des historiens et universitaires libériens professionnels et fonctionnerait indépendamment de toute influence politique.
« L’histoire ne doit jamais être écrite à des fins politiques », a-t-il insisté.
Placées sous le thème « Renforcer l’identité nationale grâce à des récits historiques menés par les Libériens », les célébrations de la fête de l’Indépendance ont été l’occasion pour le président Boakai d’appeler à une meilleure appropriation de l’histoire commune du pays.
A l’approche du bicentenaire du Libéria, le chef de l’Etat a lié le renforcement de l’identité nationale à la consolidation de la construction nationale, invitant ses compatriotes à célébrer leur diversité culturelle et à assumer pleinement leurs responsabilités civiques.
« Le plus grand héritage que nous puissions laisser aux générations futures n’est pas seulement des infrastructures ou des institutions plus fortes. C’est une nation confiante qui se comprend elle-même », a-t-il déclaré.
L’Initiative nationale de récupération et de rapatriement du patrimoine historique vise ainsi à renforcer l’unité nationale et la réconciliation, tout en favorisant la préservation d’un récit historique documenté et accessible aux générations futures.
Le Libéria, fondé en 1847, se prépare à célébrer son bicentenaire en 2047, une échéance que le gouvernement entend mettre à profit pour approfondir la réflexion sur l’identité, la mémoire et le patrimoine national.
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