L’accumulation de déchets plastiques sur les côtes tunisiennes révèle les limites des politiques publiques et alimente une crise aux répercussions économiques et sanitaires inquiétantes.
La Tunisie fait face à une dégradation marquée de son littoral, caractérisée par une hausse significative de la pollution plastique, selon plusieurs enquêtes et rapports récents. Une étude publiée en 2024 par des chercheurs de l’université de Rostock, citée par le média Raseef22, estime qu’environ 17 000 tonnes de déchets plastiques ont été déversées en mer entre 2021 et 2024, représentant entre 54 % et 70 % des déchets présents sur les plages du pays.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte où la gestion des déchets demeure insuffisante face à une consommation élevée de produits plastiques. Les données issues de la même enquête indiquent que seuls 4 % des déchets plastiques sont effectivement traités, laissant une grande partie s’accumuler dans l’environnement marin et côtier. Ce déséquilibre accentue les pressions sur les écosystèmes et affecte directement les activités liées au tourisme et à la pêche.
Dans le prolongement de ces constats, le Fonds mondial pour la nature (WWF) en Afrique du Nord évoque des niveaux de pollution ayant atteint un seuil « alarmant » sur la période 2023-2024. Cette dégradation progressive du littoral expose également les populations locales à des risques sanitaires accrus, liés à la détérioration de la qualité des eaux et des espaces côtiers.
Malgré l’existence d’une stratégie nationale baptisée « Littoral sans plastique » (LISP), soutenue par la Banque mondiale, les avancées restent limitées. Ce programme, censé structurer la collecte, le tri et le recyclage, accuse des retards significatifs dans sa mise en œuvre, selon les éléments rapportés par Raseef22.
Au-delà des objectifs affichés, cet écart persistant entre planification et exécution met en évidence les difficultés des autorités à répondre à un enjeu environnemental devenu central. La situation du littoral tunisien illustre ainsi les implications économiques, sociales et sanitaires d’une gestion défaillante des déchets, dans un pays où les équilibres environnementaux deviennent un facteur déterminant de stabilité.
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