Alors que Madagascar fait face aux conséquences dévastatrices des cyclones Fytia et Gezani, le Programme alimentaire mondial alerte sur un manque critique de financements, à hauteur de 18 millions de dollars, limitant fortement sa capacité d’intervention auprès des populations sinistrées.
Madagascar a décrété l’état de catastrophe nationale après le passage du cyclone Gezani, survenu le 10 février près de Toamasina, deuxième ville du pays. Cette nouvelle tempête est intervenue seulement dix jours après le cyclone Fytia, qui avait frappé la région de Boeny, au nord-ouest de l’île.
Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), les besoins humanitaires sont immenses, mais les ressources financières font défaut. L’agence onusienne indique que sa capacité d’intervention est « fortement limitée » en raison de la baisse des financements et de l’absence de stocks alimentaires au-delà d’une première réponse d’urgence. Aucun financement supplémentaire n’est actuellement disponible pour faire face aux conséquences du cyclone Gezani.
Le PAM a besoin en urgence de 50 000 dollars pour prépositionner une vingtaine de tonnes de biscuits enrichis en prévision d’éventuelles nouvelles tempêtes. Plus largement, l’agence fait face à un déficit de 18,3 millions de dollars pour ses opérations d’urgence dans les six prochains mois.
En raison de ce manque de ressources, l’aide prévue durant la période de soudure a été réduite à seulement 10 % des bénéficiaires initialement ciblés, laissant plus d’un demi-million de personnes sans assistance à un moment critique.
Les autorités estiment que plus de 260 000 personnes ont été affectées par le cyclone Gezani et plus de 200 000 par Fytia. Au total, près de 80 000 personnes sont toujours hébergées dans 75 centres d’accueil, tandis que d’autres déplacés vivent chez des proches ou dans des sites informels. Une analyse du PAM évalue à plus de 400 000 le nombre de personnes nécessitant une aide alimentaire après le passage des deux cyclones.
Ces catastrophes surviennent dans un contexte d’insécurité alimentaire déjà préoccupante. Selon le PAM, 1,57 million de personnes souffrent d’insécurité alimentaire à Madagascar, dont 84 000 en situation d’urgence, un chiffre qui pourrait atteindre 1,8 million dans les prochains mois.
Pour atténuer l’impact des tempêtes, l’agence a distribué des transferts monétaires à 50 000 personnes à Toamasina et prévoit la distribution de biscuits enrichis et de riz à des milliers de ménages supplémentaires, notamment à Antananarivo. Dans les régions du nord-ouest touchées par Fytia, une intervention de relèvement rapide sur trois mois est également en préparation.
En l’espace de dix jours, Madagascar a été frappé par deux cyclones majeurs, aggravant une situation humanitaire déjà fragile. Le pays, régulièrement exposé aux chocs climatiques, demeure confronté à une insécurité alimentaire structurelle et à des ressources limitées pour répondre efficacement aux urgences successives.
DM/Sf/APA







