Au moins 30 personnes ont perdu la vie ce mercredi 28 octobre dans une collision de deux trains survenue à proximité de la station d’Urda, dans la région de Castille-La-Manche, à environ 150 kilomètres au sud de Madrid. L’accident s’est produit à 08h54, heure locale, impliquant un train de l’opérateur privé Iryo et un autre de la compagnie publique Renfe, selon les services d’urgence espagnols. Le bilan demeure provisoire.
D’importants moyens de secours ont été déployés sur les lieux, notamment plusieurs brigades de pompiers, trois hélicoptères et deux unités mobiles de soins intensifs. La ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia, a indiqué à la télévision publique RTVE que la priorité était d’extraire les personnes encore coincées et de leur porter assistance. Les causes de la collision n’étaient pas encore établies mercredi matin.
La circulation ferroviaire est interrompue sur la ligne reliant Madrid à l’Andalousie, dans le sud du pays, a annoncé ADIF, l’organisme public chargé de la gestion des infrastructures ferroviaires. La Renfe, dont un train assurant la liaison Madrid-Séville est impliqué dans l’accident, a annoncé l’ouverture d’une cellule de crise destinée à accompagner les familles des victimes et à recueillir les informations nécessaires pour évaluer l’ampleur de la catastrophe.
Le drame a entraîné une réaction immédiate de la classe politique espagnole. Le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a annulé sa participation à un sommet consacré à l’obésité prévu à Madrid. Le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a également suspendu ses activités de campagne pour mercredi et jeudi. Le dirigeant du Parti populaire, Alberto Núñez Feijóo, a exprimé sa vive préoccupation face à l’accident.
À l’étranger, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé sa solidarité avec l’Espagne, tandis que le président français, Emmanuel Macron, a fait part de la solidarité de la France après ce « terrible drame ».
Cette nouvelle catastrophe intervient dans un contexte marqué par les interrogations sur la sécurité ferroviaire en Espagne. Le pays dispose du deuxième réseau de lignes à grande vitesse le plus étendu au monde, après la Chine, avec environ 4.000 kilomètres de voies dédiées.
Le 18 janvier dernier, une collision entre un train Iryo ayant déraillé et un train Renfe à Adamuz avait déjà fait de nombreuses victimes et relancé le débat sur la maintenance des infrastructures. Le gouvernement avait alors annoncé un investissement de 1,8 milliard d’euros pour renforcer l’entretien du réseau. Le précédent bilan le plus lourd remontait au déraillement de Saint-Jacques-de-Compostelle, en 2013, qui avait coûté la vie à 80 personnes.
MK/AK/APA





