Un nouvel incendie a ravagé dans la nuit du 15 au 16 février le marché de Sougounicoura, en plein cœur de Bamako. Au-delà des pertes matérielles, ce sinistre s’inscrit dans une série d’incendies récurrents qui fragilisent les principaux pôles commerciaux du Mali.
À Sougounicoura, à Médina Coura, les premières flammes ont été signalées peu après minuit. En quelques minutes, le feu s’est propagé entre les étals serrés les uns contre les autres, consumant des stocks de denrées, de vêtements et d’articles ménagers. Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement et ont réussi à maîtriser l’incendie avant qu’il ne gagne d’autres zones du marché. Aucun décès n’a été signalé, mais les dégâts matériels sont importants et plusieurs commerçants affirment avoir perdu l’essentiel de leur capital.
Pour beaucoup, l’impact dépasse la simple perte de marchandises. Sougounicoura est l’un des marchés les plus actifs du centre de Bamako, fréquenté quotidiennement par des centaines de vendeurs et des milliers de clients. À l’approche du mois de Ramadan, période de forte consommation, nombre de commerçants avaient constitué des stocks importants, souvent acquis à crédit. Leur destruction met en péril des revenus familiaux déjà fragilisés par un contexte économique tendu.
Ce nouvel épisode ravive les souvenirs d’incendies antérieurs ayant touché d’autres marchés maliens ces dernières années. À Bamako, le Grand Marché a été frappé à plusieurs reprises, notamment en 2024 et 2025. Des sinistres ont également été signalés à Kayes, Gao, Mopti ou Ségou. Chaque fois, les mêmes images reviennent : des étals calcinés, des commerçants désemparés et des pertes estimées à plusieurs centaines de millions de francs CFA.
Les causes des incendies varient d’un cas à l’autre et font généralement l’objet d’enquêtes. Toutefois, des observateurs locaux évoquent régulièrement des installations électriques vétustes, des branchements informels, la forte densité des étals et l’absence d’équipements de lutte contre l’incendie adaptés. Dans des marchés où l’activité repose largement sur l’économie informelle, les dispositifs d’assurance sont rares, laissant les victimes sans filet de sécurité.
Ces incendies interviennent dans un contexte de forte densité urbaine à Bamako, où les marchés concentrent une activité commerciale importante dans des espaces souvent saturés. Les autorités locales sont attendues à la fois sur l’accompagnement des commerçants sinistrés et sur le renforcement des dispositifs de prévention afin de limiter la récurrence de tels incidents.
MD/Sf/APA





