L’ambassadeur des États-Unis à Alger, Elisabeth Moore Aubin, a délivré un message ferme au régime algérien : diversifier une économie trop dépendante du gaz, revenir à la table des négociations sur le Sahara et s’aligner sur les exigences de stabilité régionale.
Derrière le ton chaleureux employé par l’ambassadeur des États-Unis à Alger, Elisabeth Moore Aubin, perce une réalité moins flatteuse pour l’Algérie : celle d’un pays sous surveillance diplomatique, rappelé à l’ordre par son partenaire américain au moment même où il tente de vendre l’image d’une « lune de miel » bilatérale.
Lors d’une conférence de presse à Alger, la diplomate a multiplié les formules convenues sur les « 230 ans d’amitié » entre les deux pays et célébré des échanges commerciaux estimés à 3,9 milliards d’euros en 2024. Mais derrière cette façade, son discours a clairement placé l’Algérie dans une posture de suiveur, dépendant des importations américaines – jusqu’aux vaches laitières importées et baptisées « America » pour symboliser un partenariat qui frise parfois le folklorique.
Le rappel à l’ordre le plus net est venu sur le dossier du Sahara marocain. Interrogée par la presse locale, l’ambassadrice a rappelé que ce conflit « dure depuis plus de cinquante ans » et a invité Alger à revenir à la table des négociations, une injonction qui sonne comme une critique implicite de la stratégie d’enlisement menée par les autorités algériennes à travers le soutien au Polisario. Washington a ainsi signifié qu’il ne cautionnera pas l’obstruction d’Alger, malgré ses tentatives d’instrumentaliser la question.
L’ambassadrice a également insisté sur l’exigence de transparence et d’ouverture dans la coopération sécuritaire, rappelant que le protocole signé en janvier doit servir la stabilité régionale – un message clair au régime algérien dont l’appareil sécuritaire est régulièrement accusé de jouer sur les tensions au Sahel.
Quant à l’économie, la dépendance d’Alger vis-à-vis des capitaux et technologies américaines saute aux yeux : plus de 100 entreprises américaines sont déjà implantées, représentant près de 30 % des investissements étrangers dans le pays. Mais là encore, la diplomatie américaine souligne subtilement les limites : l’Algérie reste prisonnière d’un modèle rentier dominé par le gaz et le pétrole, incapable de diversifier réellement son économie sans l’assistance technique occidentale.
En apparence, la visite et les déclarations d’Elisabeth Moore Aubin traduisent une intensification des relations algéro-américaines. En réalité, elles sonnent comme une mise au pas : Alger est invité à cesser ses postures de défi, à s’aligner sur une coopération dictée par Washington et à revoir sa politique régionale. Derrière les sourires diplomatiques, c’est un rappel à l’ordre sévère qui s’impose à un régime algérien fragilisé, dont la marge de manœuvre apparaît plus réduite que jamais.
MK/Sf/ac/APA







