Les États-Unis ont accusé mardi l’Iran d’aggraver l’insécurité alimentaire mondiale en perturbant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, estimant que le blocage des exportations de pétrole et d’engrais risque d’accroître la faim dans plusieurs régions du monde.
Intervenant lors d’un débat ouvert du Conseil de sécurité des Nations unies consacré à l’insécurité alimentaire, l’ambassadrice américaine pour les affaires politiques spéciales, Jennifer Locetta, a affirmé que les crises et conflits avaient pris une ampleur et une complexité croissantes, alors que les systèmes humanitaires peinent à répondre à la hausse des besoins.
« Nous sommes indignés que le régime iranien poursuive ses efforts flagrants et inadmissibles pour perturber la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz », a-t-elle déclaré, en référence aux attaques attribuées à Téhéran.
Selon la diplomate américaine, les perturbations dans ce détroit stratégique, par lequel transitent près d’un quart du commerce mondial de pétrole et environ un tiers du commerce mondial d’engrais, ont déjà des répercussions sur les prix de l’énergie et les perspectives de production agricole.
Elle a cité une projection du Programme alimentaire mondial (PAM) faisant état de 45 millions de personnes supplémentaires susceptibles de basculer dans l’insécurité alimentaire aiguë à l’échelle mondiale en raison des conséquences de la crise.
Les répercussions pourraient être particulièrement importantes en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines régions d’Asie du Sud-Est, où les engrais importés sont essentiels à la production agricole. Washington prévoit ainsi une baisse des rendements agricoles dans les prochains mois, avec pour conséquences une diminution de l’offre alimentaire et une hausse des prix.
L’ambassadrice américaine a particulièrement cité le Soudan, le Nigeria et la République démocratique du Congo (RDC) parmi les pays exposés à ces effets.
En RDC, plus de 16 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire, selon le Famine Early Warning Systems Network, a-t-elle indiqué, ajoutant que les attaques de groupes armés contre les civils et le blocage des routes humanitaires compliquent davantage l’accès à l’aide, alors qu’une épidémie d’Ebola constitue une menace supplémentaire.
Au Soudan, où le conflit a provoqué, selon l’ONU, l’une des plus graves crises humanitaires actuelles, les parties au conflit auraient utilisé l’accès à la nourriture comme instrument de guerre. Washington a appelé les belligérants à garantir un accès humanitaire « rapide, sûr et sans entrave » à l’ensemble du pays.
Jennifer Locetta a également souligné que les conflits ne constituaient pas la seule menace pour la sécurité alimentaire mondiale. Des phénomènes climatiques tels qu’El Niño pourraient, selon elle, exposer des dizaines de millions de personnes supplémentaires à une faim aiguë.
Face à cette situation, les États-Unis ont réaffirmé leur soutien aux organisations humanitaires et aux gouvernements confrontés à l’insécurité alimentaire. Washington a récemment annoncé plus d’un milliard de dollars d’aide à l’UNICEF et au PAM pour répondre aux besoins humanitaires, nutritionnels et alimentaires dans le monde.
Les États-Unis recherchent également des solutions pour faire face aux pénuries d’engrais, a indiqué la diplomate.
« Les États-Unis n’abandonneront pas les personnes dans le besoin et ne les laisseront pas souffrir de la faim », a assuré Jennifer Locetta, que l’insécurité alimentaire résulte de conflits ou de catastrophes naturelles.
AC/APA







