Sous la coprésidence de Donald Trump et Abdel Fattah Al-Sissi, la conférence de Charm el-Cheikh a scellé la fin officielle de deux années de guerre à Gaza. Mais les divisions persistantes et l’absence de garanties interrogent sur la viabilité de cet accord historique.
Réunis le 13 octobre dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, vingt chefs d’État et de gouvernement ont signé la Déclaration pour la paix au Moyen-Orient, marquant officiellement la fin de deux ans d’un conflit meurtrier à Gaza. Escorté par des chasseurs F-16 égyptiens, Donald Trump a atterri en Égypte pour coprésider, aux côtés du président Abdel Fattah Al-Sissi, un sommet présenté comme « l’aube d’une nouvelle ère régionale ». Le texte, soutenu également par le Qatar et la Turquie, appelle à la cessation définitive des hostilités, à la reconstruction de Gaza et à la reprise d’un processus politique fondé sur la coexistence de deux États.
Pour Le Caire, l’événement représente un succès stratégique. Après deux ans de tensions avec Washington, l’Égypte a réussi à rétablir un canal de dialogue direct avec l’administration Trump, tout en s’imposant comme l’architecte d’un cessez-le-feu durable. Le président Al-Sissi a souligné, lors de la signature, que « la consolidation et la pérennité du cessez-le-feu » constituaient désormais la priorité. Fidèle à sa ligne depuis 2023, Le Caire réaffirme son refus du déplacement forcé des Palestiniens et son attachement à la sécurité nationale égyptienne, fragilisée par les combats à la frontière de Rafah.
La première phase de l’accord — retrait israélien jusqu’à la « Ligne jaune », échange d’otages et réouverture partielle des points de passage — a permis une amélioration immédiate de la situation humanitaire. Des convois d’aide ont pu atteindre le nord de Gaza, tandis que le Hamas a repris le contrôle administratif des zones évacuées.
Pourtant, de nombreux observateurs redoutent un scénario d’instabilité prolongée. L’expert Ayman Samir estime que cet accord consacre « l’échec du projet de nettoyage ethnique » mené par le gouvernement Netanyahu, mais il reconnaît que l’absence de garanties solides rend sa mise en œuvre fragile. « Aucune mesure ne protège réellement l’accord d’un blocage israélien, sauf si Washington contraint Tel-Aviv à s’y tenir », souligne-t-il.
Même analyse du politologue Ahmed Youssef, qui rappelle que « l’implication directe des États-Unis » constitue la seule nouveauté de ce texte par rapport aux trêves précédentes. La promesse de Donald Trump d’en finir avec « la guerre à Gaza » engage désormais sa crédibilité internationale. Mais, prévient Youssef, « Netanyahu demeure un maître de la manœuvre », capable de temporiser avant de revenir sur ses engagements, comme il l’a déjà fait après la trêve libanaise de novembre 2024.
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