Le président Cyril Ramaphosa a nommé le négociateur chevronné Roelf Meyer au poste d’ambassadeur d’Afrique du Sud aux États-Unis, dans une démarche visant à stabiliser des relations fortement dégradées au cours de l’année écoulée.
Le porte-parole de la présidence Sud-africaine, Vincent Magwenya, a confirmé la nomination de Roelf Meyer comme ambassadeur aux États-Unis, précisant qu’il prendra ses fonctions une fois les formalités diplomatiques accomplies à Washington.
L’Afrique du Sud était dépourvue d’ambassadeur aux États-Unis depuis le début de l’année dernière, après l’expulsion de l’ancien représentant Ebrahim Rasool par l’administration Trump, à la suite de critiques visant le mouvement « Make America Great Again ». Cette décision avait aggravé des tensions déjà vives, nourries notamment par le différend autour de la plainte pour génocide déposée par Prétoria contre Israël devant la Cour internationale de justice (CIJ), ainsi que par les déclarations répétées du président Donald Trump — largement contestées — évoquant un prétendu « génocide » des Afrikaners blancs en Afrique du Sud.
Une tentative précédente de nomination de l’ancien vice-ministre des Finances, Mcebisi Jonas, comme envoyé spécial avait échoué, les États-Unis lui ayant refusé un visa diplomatique, en raison de propos passés dans lesquels il aurait qualifié Donald Trump de « raciste » et de « narcissique de droite ».
Le poste étant vacant depuis près d’un an, la pression s’était accrue sur Prétoria pour désigner un profil acceptable pour Washington.
Âgé de 78 ans, Roelf Meyer est considéré comme l’un des artisans majeurs de la transition démocratique sud-africaine. Négociateur en chef du Parti national au début des années 1990, il avait collaboré avec Cyril Ramaphosa pour mettre fin à l’apartheid et ouvrir la voie aux premières élections démocratiques. Il a ensuite servi dans le gouvernement d’union nationale de Nelson Mandela avant de quitter le Parti national et de rejoindre l’ANC.
Sa nomination est largement interprétée comme une tentative de réinitialisation des relations diplomatiques avec Washington. Les États-Unis ont récemment nommé leur propre nouvel envoyé, Brent Bozell, marquant une volonté mutuelle de rétablir des canaux diplomatiques formels.
JN/lb/te/Sf/APA







