Massad Boulos, émissaire de Donald Trump, entame une tournée au Maghreb pour renforcer la coopération et relancer le dialogue régional, avec une étape clé au Maroc.
Massad Boulos, conseiller spécial du président Donald Trump pour les affaires arabes et moyen-orientales, s’apprête à entreprendre une tournée au Maghreb, incluant une étape centrale au Maroc, dans le cadre d’un effort diplomatique renouvelé des États-Unis en Afrique du Nord et dans le Sahel.
Selon des sources diplomatiques de haut niveau, ayant requis l’anonymat, cette visite revêt une importance particulière dans le projet de redéploiement américain vers une doctrine de coopération fondée sur l’échange économique et la résolution des conflits, en rupture nette avec les approches précédentes. Le choix du Maroc comme point d’ancrage témoigne d’une volonté d’engager des partenaires considérés comme pivots dans les équilibres régionaux.
L’administration Trump souhaite, à travers cette mission, poser les premiers jalons d’une action structurante au Maghreb en s’attachant à rétablir des canaux de dialogue à la fois bilatéraux et multilatéraux, notamment en Libye et au Soudan où l’instabilité perdure malgré les multiples médiations engagées au cours des dernières années.
Pour rappel, M. Boulos a profité d’un entretien médiatique en avril pour lever toute ambiguïté sur l’attitude américaine à l’égard de la question du Sahara.
« La position américaine est claire et sans équivoque. Cette position nous l’avons exprimée à maintes reprises de manière claire, tout comme l’a fait clairement le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Il s’agit de la même position exprimée par le président Donald Trump au roi Mohammed VI au sujet de la reconnaissance pleine et entière par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara et du soutien américain au plan d’autonomie présenté par le Maroc comme solution à ce différend », a-t-il affirmé.
La tournée de Boulos fait écho à une rencontre tenue à la Maison Blanche avec cinq chefs d’État africains, durant laquelle Donald Trump aurait exprimé, selon une source proche du dossier, «la volonté claire de voir les États-Unis engager une politique de paix active au Soudan et en Libye.»
Ce propos, tenu dans un cercle restreint, marque un infléchissement de la posture américaine, davantage tournée vers l’architecture politique des pays d’Afrique du Nord que vers leurs simples débouchés économiques.
Le Maroc, dont la position diplomatique s’est raffermie au fil des dernières années, est perçu à Washington comme un partenaire capable de soutenir les prémices d’un dialogue régional. Cette confiance s’explique notamment par la densité des échanges sécuritaires américano-marocains et par l’activisme de Rabat dans les forums multilatéraux tels que l’Union africaine (UA) ou l’Organisation de la coopération islamique (OCI).
MK/ac/Sf/APA






