Les échanges bilatéraux entre Rabat et Bamako connaissent une nouvelle accélération, portée par des missions sectorielles, des engagements économiques et une convergence diplomatique renforcée.
La coopération entre le Mali et le Maroc a connu un regain d’activité ces dernières semaines avec la multiplication des visites de délégations marocaines à Bamako dans les secteurs de la santé, de l’énergie, de l’agriculture, de la formation professionnelle et des énergies renouvelables.
Selon des informations relayées par la presse marocaine, ces missions s’inscrivent dans le cadre du renforcement du partenariat entre les deux pays et de la promotion de la coopération Sud-Sud.
Les délégations marocaines, notamment issues de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), de l’Office chérifien des phosphates (OCP), de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) et de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT), ont été reçues par plusieurs responsables maliens. Les discussions ont porté sur des domaines jugés prioritaires pour le développement du Mali, notamment la santé, l’éducation, l’agriculture et l’accès à l’électricité.
Cette dynamique repose également sur une présence économique déjà significative des entreprises marocaines au Mali. Selon les mêmes sources, les groupes bancaires marocains représenteraient près de 40 % du marché bancaire malien à travers leurs filiales locales. Maroc Telecom est présent dans le pays via sa filiale Moov Africa Malitel, tandis que des investissements ont également été réalisés dans l’industrie cimentière.
Le partenariat s’étend aussi au domaine religieux. Depuis 2014, le Maroc accueille des imams maliens à l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates de Rabat. Près de 800 imams maliens y ont déjà été formés, tandis qu’environ 400 autres y poursuivent actuellement leur cursus.
Cette coopération vise à promouvoir un islam modéré et à contribuer aux efforts de prévention de l’extrémisme dans la région sahélienne.
Sur le plan diplomatique, la relation bilatérale a franchi une nouvelle étape après l’annonce, le 10 avril, par Bamako du retrait de sa reconnaissance du Polisario. Dans la foulée, Rabat a annoncé plusieurs mesures en faveur du Mali, notamment l’augmentation du nombre de bourses accordées aux étudiants maliens, porté de 200 à 300 par an, ainsi que la suppression de l’autorisation électronique de voyage pour les ressortissants maliens.
Une commission mixte de coopération Mali–Maroc doit également se réunir à Bamako au cours de l’été 2026 afin de consolider ce partenariat que les deux pays qualifient de stratégique.
Au-delà des enjeux contemporains, les relations entre Rabat et Bamako s’inscrivent dans une histoire ancienne remontant aux échanges transsahariens entre les cités de Tombouctou et de Sijilmassa. Les routes caravanières reliant le Sahel au nord de l’Afrique ont favorisé, pendant des siècles, la circulation des marchandises, des savoirs et des traditions religieuses, constituant ainsi le socle historique d’une relation qui demeure active et dynamique aujourd’hui.
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