Le Mali et le Maroc ont relancé leur Conseil d’affaires bilatéral et renforcé leur coopération dans le secteur de l’électricité et des énergies renouvelables à l’issue d’un forum économique ayant réuni plus de 300 opérateurs des deux pays, jeudi à Bamako, en marge de la quatrième Grande Commission mixte.
Plus de 300 opérateurs économiques maliens et marocains ont participé au Forum d’affaires organisé par la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le Conseil national du patronat du Mali (CNPM). Deux accords y ont été signés : le premier réactive le Conseil d’affaires Maroc-Mali, tandis que le second établit un partenariat entre les fédérations professionnelles des deux pays dans les domaines de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables.
Le Conseil d’affaires, créé pour servir de cadre permanent de dialogue entre les entreprises, sera coprésidé par Moncef Ziani pour la partie marocaine et Sory Ibrahima Maïga pour la partie malienne. Il aura notamment pour mission d’identifier des projets d’investissement, de faciliter les partenariats, d’accompagner les entreprises dans leurs démarches administratives et de faire remonter aux autorités les obstacles au commerce et à l’investissement.
Le second accord associe la Fédération nationale marocaine de l’électricité, de l’électronique et des énergies renouvelables (FENELEC) à la Fédération malienne de l’électricité, de l’énergie, des énergies renouvelables et nouvelles (FENEM). Il vise à développer les échanges entre entreprises des deux pays dans les équipements électriques, la production d’énergie et les projets liés aux énergies renouvelables.
Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs jugés prioritaires, notamment l’agroalimentaire, l’énergie, les bâtiments et travaux publics, l’immobilier, les mines, les télécommunications, la finance et la logistique. Les délégations ont également insisté sur la nécessité de favoriser la transformation locale des matières premières et d’améliorer l’accès des entreprises maliennes au marché marocain.
Selon les statistiques commerciales des Nations unies, les échanges restent toutefois très déséquilibrés. En 2025, le Maroc a exporté vers le Mali pour 184,76 millions de dollars de marchandises, contre seulement 2,97 millions de dollars d’importations en provenance du Mali.
Les exportations marocaines sont dominées par les fils et câbles électriques isolés, le poisson congelé et le tabac transformé, tandis que les ventes maliennes concernent principalement les fruits tropicaux, le coton brut et les débris de verre.
La coopération dans le secteur énergétique intervient alors que le taux d’accès à l’électricité au Mali était estimé à 56 % en 2023, avec de fortes disparités entre les zones urbaines (87 %) et rurales (31 %). Les autorités des deux pays souhaitent développer des partenariats pour répondre aux besoins d’extension des réseaux, de modernisation des infrastructures et de développement des énergies renouvelables.
Les agences de promotion des investissements et des exportations des deux pays, ainsi que l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), ont présenté aux entreprises les dispositifs d’accompagnement disponibles avant la tenue de rencontres B2B entre opérateurs économiques.
Le Maroc dispose déjà d’une présence économique importante au Mali. Dans les télécommunications, Maroc Telecom détient 44 % du capital de la Société des télécommunications du Mali (Moov Africa Malitel), l’État malien conservant une participation majoritaire de 56 %. Les groupes bancaires marocains sont également implantés à travers Bank of Africa-Mali, la Banque internationale pour le Mali et Banque Atlantique Mali. Dans l’agriculture, OCP Africa intervient notamment dans l’approvisionnement en engrais et les programmes de fertilité des sols.
Cette quatrième Grande Commission mixte, organisée vingt-six ans après la précédente session tenue en 2000 à Rabat, s’inscrit dans le cadre du mécanisme de coopération créé en 1987. Les échanges ont également porté sur l’initiative marocaine visant à offrir aux pays du Sahel un accès aux ports atlantiques, un projet soutenu par le Mali, le Burkina Faso et le Niger afin de renforcer leurs débouchés commerciaux.
Les accords conclus à Bamako visent ainsi à doter les entreprises des deux pays de mécanismes permanents de coopération. Leur concrétisation dépendra désormais des investissements engagés, des financements mobilisés et de la mise en œuvre des projets identifiés par les opérateurs économiques.
MD/te/APA







