Selon l’Institut italien pour les études de politique internationale (ISPI), l’Algérie peine à retrouver le rôle diplomatique majeur qu’elle revendique sur les scènes africaine et internationale. Le think tank estime que les contraintes internes, les tensions régionales et les mutations géopolitiques réduisent progressivement sa capacité d’influence.
L’Algérie cherche à renouer avec le statut diplomatique qui a longtemps marqué son histoire, mais fait face à des obstacles croissants, analyse l’ISPI, l’un des principaux centres européens de recherche en géopolitique. Dans une étude consacrée à la place du pays dans un ordre international en recomposition, l’institut estime que la politique étrangère d’Alger est désormais davantage axée sur la défense de ses positions que sur une véritable stratégie d’expansion de son influence.
Selon l’analyse, les grands principes qui ont longtemps structuré la diplomatie algérienne -non-ingérence, défense de la souveraineté des États et soutien aux mouvements de libération- ne suffisent plus à maintenir son poids international. Face au retour des rapports de force et à la recomposition des alliances, l’Algérie disposerait de marges de manœuvre plus réduites et d’une capacité d’initiative affaiblie sur plusieurs dossiers régionaux.
L’ISPI établit un lien entre cette évolution et les fragilités internes du pays. Le think tank rappelle que la diplomatie algérienne a été affectée par les conséquences de la décennie noire, les crises politiques successives et le mouvement du Hirak en 2019. Il évoque également les interrogations autour de la légitimité du président Abdelmadjid Tebboune, ainsi que les rapports complexes entre la présidence, l’institution militaire et les services de sécurité, des facteurs qui continueraient, selon lui, à peser sur les choix de politique étrangère.
L’institut cite notamment le départ, en 2023, de l’ancien ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra comme un symbole des évolutions au sommet de l’État. Figure majeure de la diplomatie algérienne, ce dernier aurait vu son influence internationale concurrencer celle de la présidence, estime l’ISPI, qui souligne par ailleurs que les considérations liées à la stabilité interne demeurent prioritaires pour les autorités.
Le Sahara et le Sahel, deux dossiers sensibles
Le dossier du Sahara occidental constitue, selon l’ISPI, l’un des principaux défis diplomatiques d’Alger. Le think tank estime que le soutien croissant de plusieurs partenaires internationaux au plan d’autonomie proposé par le Maroc, notamment celui des États-Unis, réduit les marges de manœuvre algériennes. Le maintien du soutien au Front Polisario expose Alger à des tensions avec certains partenaires, tandis qu’un éventuel changement de position pourrait avoir des conséquences politiques internes.
Au Sahel, l’analyse relève également les difficultés de la diplomatie algérienne. Les relations avec le Mali se sont détériorées après la remise en cause des Accords d’Alger par les autorités maliennes. L’ISPI estime en outre que les initiatives régionales portées par Alger peinent à obtenir des résultats significatifs.
Plus largement, le centre de recherche considère que l’influence de l’Algérie en Afrique est aujourd’hui dépassée par celle du Maroc, dont la stratégie combinant diplomatie économique et partenariats continentaux s’est renforcée au cours des dernières années.
En conclusion, l’ISPI reconnaît que l’Algérie conserve des atouts importants, notamment son poids énergétique, sa position géographique stratégique et son histoire diplomatique. Mais ces avantages ne suffiraient plus à compenser les contraintes internes et régionales qui limitent son ambition de redevenir un acteur diplomatique de premier plan en Afrique, dans le monde arabe et sur la scène internationale.
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