Les pays d’Afrique du Nord multiplient les démarches diplomatiques pour favoriser une résolution politique de la crise libyenne, mais la concrétisation d’une médiation efficace demeure confrontée aux divisions régionales et aux enjeux de gouvernance interne.
Réunis à Alger dans le cadre du mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye, les responsables des Affaires étrangères d’Égypte, d’Algérie et de Tunisie ont réaffirmé leur rejet de toute ingérence étrangère. Leur déclaration commune défend un processus politique exclusivement libyen, axé sur la souveraineté nationale, le retrait des forces étrangères et l’organisation simultanée d’élections présidentielles et législatives.
La traduction de ces principes diplomatiques en résultats tangibles constitue toutefois l’obstacle majeur. Depuis 2011, la Libye reste marquée par la dualité institutionnelle et la rivalité des centres de pouvoir.
Les initiatives portées par les États voisins se heurtent parfois à la perception de leurs propres priorités sécuritaires et contraintes socio-économiques internes, lesquelles influent sur leur posture diplomatique et sur la confiance accordée par les différentes factions libyennes.
C’est sur ce terrain que le Maroc dispose d’un avantage diplomatique identifiable. Le royaume a accueilli à Skhirat, en 2015, les négociations ayant abouti à la signature de l’Accord politique libyen, puis à Bouznika, à partir de 2020, des rencontres entre représentants libyens destinées à rapprocher leurs positions sur plusieurs dossiers institutionnels.
Cette démarche, fondée sur le dialogue interlibyen et la recherche de compromis, a contribué à installer le Maroc parmi les espaces de négociation reconnus par les acteurs libyens. Si l’accord de Skhirat n’a pas suffi à mettre fin aux divisions du pays, l’expérience marocaine illustre néanmoins une distinction essentielle : faciliter une sortie de crise ne consiste pas seulement à défendre des principes, mais à créer les conditions politiques permettant aux adversaires de négocier.
La réussite d’une facilitation dépend ainsi moins des déclarations d’intention que de la capacité collective des États de la région à offrir des garanties politiques impartiales.
Dans un contexte maghrébin fragmenté, la recherche d’une stabilité pérenne en Libye exige l’établissement de passerelles inclusives entre tous les belligérants et une coordination étroite avec les efforts internationaux de consolidation de la paix.
MK/AK/APA





