La Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) a dénoncé mercredi des « campagnes de désinformation » visant son mode de financement et celui du processus politique libyen, selon un communiqué officiel. La Mission affirme que ces accusations interviennent dans un contexte de tensions accrues avec les autorités parallèles de l’Est.
La MANUL rappelle que l’ONU est financée par son budget ordinaire, alimenté par les contributions des 193 États membres. Elle souligne que l’ensemble des fonds mobilisés pour accompagner le processus politique en Libye « est soumis au système de contrôle financier mondial de l’Organisation », lequel impose des normes unifiées en matière de budgétisation, d’approvisionnement et de dépenses.
Selon la Mission, les financements dédiés aux activités politiques « sont neutres et transparents » et gérés par une structure unique empêchant tout détournement. Depuis 2015, « une douzaine de pays et d’organisations régionales » ont également apporté un soutien volontaire destiné à appuyer le dialogue et l’engagement communautaire.
Lundi, l’envoyée spéciale de l’ONU, Hanna Tetteh, a annoncé la signature d’un accord de financement avec l’ambassadeur du Qatar en Libye, Khaled Al-Dosari, pour soutenir les efforts de dialogue politique. Cette initiative a suscité une réaction immédiate des autorités parallèles, qui ont annoncé la suspension de leur coopération avec la MANUL.
Dans un communiqué, le gouvernement parallèle a qualifié l’accord de « violation directe de la souveraineté libyenne » et de « déviation manifeste des normes internationales » imposant la neutralité des missions onusiennes. Il a demandé à la MANUL de revenir sur l’accord et d’en « présenter des excuses ».
Les autorités parallèles ont également appelé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à « assumer la responsabilité juridique et morale » des mesures prises par la Mission, estimant qu’elles « contredisent les intérêts supérieurs de l’État libyen et de son peuple ».
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