Les représentants amazighs, tebus et touaregs de Libye ont dénoncé le mécanisme politique piloté par l’ONU, menaçant de boycotter les prochaines élections en l’absence d’une représentation directe au sein du processus institutionnel.
Le «Comité de coordination des peuples autochtones libyens», qui regroupe des représentants des communautés amazighe, tebu et touareg, a adressé une lettre au secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, ainsi qu’à l’envoyée spéciale de l’ONU en Libye, Hanna Tetteh, pour exprimer son opposition au processus de dialogue actuellement conduit à travers le mécanisme dit «4+4».
Dans ce document, le comité estime que cette formule politique repose sur une «approche d’exclusion systématique» et contribue, selon lui, à maintenir la domination d’une seule composante de la société libyenne sur les principales institutions de l’Etat. Les signataires considèrent que le dispositif actuel ne garantit ni une représentation équilibrée des différentes composantes nationales ni une participation effective des peuples autochtones aux discussions sur l’avenir politique du pays.
Le comité affirme également que la structure du dialogue contrevient aux principes défendus par les Nations Unies concernant les droits des peuples autochtones, en référence à la Convention n°169 relative à leur protection et à leur participation politique. Les représentants amazighs, tebus et touaregs disent avoir perdu confiance dans «l’impartialité» de la mission onusienne en Libye, accusée de privilégier une logique de partage des postes plutôt qu’un processus fondé sur «la justice et l’inclusion politique».
Cette contestation intervient alors que l’ONU tente de relancer les discussions institutionnelles destinées à sortir la Libye de l’impasse politique persistante depuis plusieurs années. Les désaccords autour du cadre électoral, de la répartition des pouvoirs et de la légitimité des institutions continuent de retarder l’organisation d’élections nationales, régulièrement reportées depuis 2021.
Dans leur lettre, les représentants des trois communautés réclament l’arrêt immédiat des travaux liés au mécanisme actuel, notamment ceux portant sur la restructuration de la Haute Commission électorale nationale. Ils demandent également la mise en place d’un nouveau cadre de concertation garantissant une représentation «directe et complète» des Amazighs, Tebus et Touaregs dans les discussions politiques et constitutionnelles.
Le comité a enfin averti qu’il pourrait boycotter toute élection organisée selon les modalités actuelles. Les signataires ont également indiqué qu’ils ne sauraient être tenus responsables des conséquences politiques ou institutionnelles pouvant découler d’un scrutin conduit sans leur participation effective au processus de décision.
MK/Sf/APA






