Le chef de la diplomatie égyptienne a rejeté toute légitimité extérieure à juger la situation des droits de l’homme en Égypte, invoquant la souveraineté nationale et l’identité culturelle, dans un discours qui assume la confrontation avec les standards internationaux.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a affirmé que « nul pays n’a le droit de s’ériger en juge de l’Égypte » en matière de droits de l’homme, lors d’une réunion de la commission des droits de l’homme du Sénat. Une déclaration qui illustre la ligne officielle du Caire, consistant à opposer la souveraineté nationale et la spécificité civilisationnelle aux critiques récurrentes émanant d’organisations internationales et de capitales occidentales.
Selon Abdelatty, le dossier des droits de l’homme en Égypte doit avant tout « servir le citoyen égyptien » et ne saurait être façonné pour répondre aux attentes de parties extérieures. Il a insisté sur le droit de chaque État à préserver les fondements de son identité religieuse et culturelle, estimant que certaines exigences internationales, notamment celles liées aux droits des minorités sexuelles, entrent en contradiction avec les valeurs de la société égyptienne.
Le ministre a également dénoncé ce qu’il a qualifié de « perte d’autorité morale » de plusieurs pays européens, faisant référence à la guerre à Gaza et à des mesures prises contre des étudiants ayant manifesté en soutien aux Palestiniens. Un argument fréquemment mobilisé par la diplomatie égyptienne pour relativiser les critiques occidentales et les renvoyer à leurs propres contradictions.
Cette posture s’inscrit dans un contexte plus large de fermeté assumée sur les questions sociétales. Elle fait écho à la décision récente de la Fédération égyptienne de football de refuser toute promotion des droits LGBTQ+ lors d’un match international, au nom du respect des croyances et de l’identité nationale. Une position qui renforce le discours officiel, mais accentue aussi le fossé avec les normes défendues par certaines instances sportives et internationales.
Au cours de la même intervention, Abdelatty a réaffirmé les « lignes rouges » de la politique étrangère du Caire, notamment sur le dossier du Nil. Il a rappelé que l’Égypte ne s’oppose pas par principe aux projets de développement des pays du bassin, mais qu’elle rejette toute démarche unilatérale susceptible de porter atteinte à ses intérêts hydriques, visant implicitement le barrage de la Renaissance éthiopien (GERD). Il a averti que tout préjudice sérieux ouvrirait la voie à une réponse juridique internationale, invoquant le droit à la légitime défense.
Le ministre a également réitéré les positions égyptiennes sur les dossiers régionaux sensibles, dont le rejet du déplacement forcé des Palestiniens, le refus de la division de Gaza, la préservation de l’unité du Soudan et la référence persistante à la ligne Syrte–Al-Joufra en Libye.
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