Réfugié au Togo depuis son renversement en septembre 2022, l’ancien président de transition burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba a été extradé vers Ouagadougou où il est accusé d’avoir orchestré une tentative d’assassinat du capitaine Ibrahim Traoré. L’opération d’extradition s’est déroulée en un temps record, moins de deux semaines après les révélations des autorités burkinabè.
Les autorités togolaises ont procédé à l’extradition vers le Burkina Faso de l’ancien président de transition Paul-Henri Sandaogo Damiba, accusé d’avoir orchestré une tentative d’assassinat du capitaine Ibrahim Traoré, a annoncé mardi le gouvernement togolais.
Selon un communiqué du ministre de la Justice et des Droits humains, Garde des Sceaux, parvenu à APA, l’extradition fait suite à une demande formulée le 12 janvier 2026 par les autorités judiciaires burkinabè, quelques jours après l’annonce par Ouagadougou d’un complot déjoué.
L’ancien lieutenant-colonel, qui dirigeait le Burkina Faso de janvier à septembre 2022 avant d’être renversé par le capitaine Traoré, est poursuivi pour « détournement de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption, incitation à la commission de délits et crimes, recel aggravé et blanchiment de capitaux », précise le document.
Un complot visant l’assassinat du président Traoré.
Le 6 janvier 2026, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamoudou Sana, avait révélé dans une déclaration télévisée qu’une tentative de déstabilisation prévue le 3 janvier avait été déjouée par les services de renseignement. Selon les autorités de Ouagadougou, l’opération devait débuter par l’assassinat du président Traoré, « soit à bout portant, soit par une action pour miner son domicile », suivi de la mise hors service de la base de drones, et d’une intervention militaire terrestre de forces extérieures.
Paul-Henri Damiba, réfugié au Togo depuis sa chute, a été désigné comme l’instigateur principal, chargé de « concevoir et planifier les actions, rechercher et mobiliser les fonds, recruter des populations civiles et des militaires ».
Le ministre Sana avait révélé qu’une « bonne partie » du financement provenait de Côte d’Ivoire, dont « la dernière opération s’élève à 70 millions de francs CFA ».
Une procédure d’extradition express
M. Damiba a été interpellé le 16 janvier 2026 à Lomé, en exécution d’un mandat d’arrêt émis dans le cadre de la demande d’extradition, soit seulement dix jours après les révélations burkinabè.
Le même jour, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé a rendu un avis favorable lors d’une audience publique, permettant une extradition rapide.
Cette décision a été motivée par « l’offre de réciprocité des autorités burkinabè, les instruments internationaux auxquels le Togo est partie et des garanties offertes par ces autorités quant au respect de l’intégrité physique et de la dignité » du prévenu, ainsi que ses droits à un procès équitable et l’absence de peine de mort.
L’ancien dirigeant a été remis aux autorités burkinabè le 17 janvier 2026, conclut le communiqué daté du 19 janvier à Lomé.
Pas la première accusation de complot
Ce n’est pas la première fois que l’ancien président est cité dans une tentative de déstabilisation du régime en place. Le 23 septembre 2024, le ministre Sana avait déjà annoncé le démantèlement d’un réseau de déstabilisation impliquant Damiba.
L’ancien président de la Transition a été radié des effectifs des Forces armées burkinabè par décret du président Traoré le 30 octobre 2024 pour « faute jugée particulièrement grave consistant en une atteinte grave à la dignité militaire et au renom de l’armée, caractérisée par des actions d’intelligence avec une puissance étrangère et des terroristes, en vue de favoriser leurs entreprises contre le Burkina Faso ».
Les autorités burkinabè ont annoncé que les interpellations se poursuivent et que « toutes les personnes impliquées dans cette affaire seront présentées devant le procureur du Faso et toute la rigueur de la loi s’appliquera à eux ».
HO/ac/Sf/APA







