L’Assemblée législative de transition (ALT) du Burkina Faso a adopté mardi à l’unanimité quatre projets de loi ratifiant des protocoles additionnels au Traité instituant la Confédération des États du Sahel (AES), marquant une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Approuvés par les 59 députés burkinabés présents à la session de l’ALT, les quatre projets de loi adoptés portent sur la coordination des actions diplomatiques, le développement, la défense et la sécurité, ainsi que l’organisation des sessions confédérales des parlements des trois États membres de l’AES.
Les projets de loi ont été présentés devant les députés par la Commission des affaires étrangères, de la défense et de la sécurité (CAEDS), à l’initiative du ministère burkinabè des Affaires étrangères. Les protocoles concernés avaient été signés le 23 mai 2025 à Bamako.
Selon les autorités burkinabè, ces instruments juridiques visent à consolider les trois piliers de la Confédération AES — défense et sécurité, diplomatie et développement — tout en établissant un cadre légal pour les futures sessions parlementaires confédérales.
Le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a indiqué devant les parlementaires que cette ratification permettra de poursuivre les projets déjà engagés dans le cadre de la Confédération et de mieux harmoniser les politiques des trois États membres.
« Il existe une approche globale visant à permettre à tous les secteurs des trois pays de se concerter autour des questions stratégiques devant être intégrées dans un cadre confédéral afin de mutualiser les efforts au bénéfice des populations », a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie burkinabè a notamment évoqué plusieurs initiatives déjà en cours, parmi lesquelles la création de la force unifiée de l’AES, de la banque confédérale, ainsi que de la télévision et de la radio de l’Alliance. Il a également souligné l’adoption de positions diplomatiques communes par les trois pays sur plusieurs dossiers internationaux.
D’après les explications fournies au cours des débats parlementaires, les protocoles ratifiés devraient faciliter l’adoption de positions communes sur les questions internationales d’intérêt partagé, renforcer la mobilisation des ressources financières, techniques et humaines, et améliorer la coordination des politiques de développement.
Les discussions à l’Assemblée ont également porté sur le financement de la lutte contre le terrorisme, le rôle des mécanismes traditionnels de règlement des conflits dans l’espace confédéral et le bilan des actions entreprises depuis la création de l’AES.
Créée en 2024 par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, la Confédération des États du Sahel ambitionne de renforcer l’intégration politique, sécuritaire et économique entre les trois pays dirigés par des régimes militaires.
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