Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly a exhorté Israël à se retirer des positions qu’il occupe dans le sud du Liban, tout en annonçant un soutien accru à la reconstruction du pays, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue libanais Nawaf Salam, dimanche 2 novembre au Caire.
Le chef du gouvernement égyptien a déclaré que son pays était « prêt à apporter son soutien total au maintien de la stabilité, de la sécurité et de l’unité territoriale du Liban ». Madbouly a condamné « dans les termes les plus fermes les agressions et les transgressions survenues dernièrement au sud du Liban », précisant que l’Égypte était déterminée à « soutenir le Liban dans ses projets de reconstruction du Sud dès que ces zones auront été récupérées ».
Cette prise de position intervient alors que les tensions se sont ravivées à la frontière libano-israélienne. Samedi, une frappe israélienne a tué quatre personnes dans le sud du pays, marquant une nouvelle escalade près d’un an après la trêve conclue en novembre 2024. Malgré le cessez-le-feu, l’armée israélienne maintient cinq positions dans cette région et continue d’y mener des raids meurtriers, provoquant le déplacement de centaines de milliers de Libanais. Dimanche, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a menacé d’intensifier les attaques contre le Hezbollah.
Au-delà du dossier sécuritaire, la visite du Premier ministre libanais au Caire a permis de relancer la coopération bilatérale après six ans d’interruption. Les deux dirigeants ont présidé la dixième session de la Haute Commission mixte égypto-libanaise, mécanisme de concertation de haut niveau visant à stimuler les partenariats économiques, énergétiques et commerciaux. Quinze protocoles d’accord ont été signés à cette occasion.
Madbouly a souligné que le volume des échanges commerciaux entre les deux pays restait limité à un milliard de dollars, mais qu’il pourrait « facilement doubler » compte tenu de la solidité des relations économiques et du dynamisme du secteur privé dans les deux économies.
La relance de la coopération égypto-libanaise intervient dans un contexte régional tendu, où le Caire tente de renforcer son rôle diplomatique et de médiation au Proche-Orient, tout en soutenant la stabilité du Liban face aux pressions israéliennes et aux fragilités internes.
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