À New York, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, tente de s’imposer lors de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Mais derrière les annonces officielles, Alger apparaît en quête de visibilité diplomatique, peinant à masquer son isolement croissant sur la scène internationale.
Chargé par le président Abdelmadjid Tebboune de représenter l’Algérie à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, Ahmed Attaf a entamé, le 23 septembre, une série de réunions et de prises de parole à New York.
Officiellement, sa mission consiste à porter la voix d’Alger sur les questions de paix, de développement et de droits de l’homme. Dans les faits, la diplomatie algérienne mise sur cet événement planétaire pour retrouver une stature qu’elle a largement perdue au cours des dernières années.
Le ministre prévoit de participer à plusieurs débats, notamment celui réclamé par l’Algérie et certains pays islamiques au Conseil de sécurité au sujet de la question palestinienne. Cette initiative, jugée par certains observateurs comme une tentative de détourner l’attention de l’opinion interne et internationale des difficultés économiques et politiques du pays, illustre la stratégie traditionnelle d’Alger consistant à mobiliser la cause palestinienne comme levier diplomatique.
Parallèlement, Ahmed Attaf prendra part à une réunion sur l’impact de l’intelligence artificielle sur la paix et la sécurité internationales, convoquée par la Corée du Sud, présidente en exercice du Conseil de sécurité. Mais l’Algérie, qui accuse un retard considérable en matière de technologies numériques et d’innovation, y apparaît davantage comme spectatrice que comme acteur influent.
En marge des travaux, le ministre prévoit aussi de siéger aux rencontres des groupes auxquels Alger est affilié, tels que la Ligue des États arabes, l’Union africaine, l’Organisation de la coopération islamique, le Mouvement des non-alignés et le Groupe des 77+Chine. Autant de forums où la diplomatie algérienne s’efforce de conserver un rôle, mais où son influence réelle s’est effritée, concurrencée par d’autres capitales africaines et arabes plus dynamiques.
Enfin, plusieurs bilatérales sont annoncées avec des homologues étrangers et des responsables d’organisations internationales. Toutefois, ces entretiens sont généralement perçus comme protocolaires, sans avancées concrètes sur les grands dossiers régionaux.
Pour de nombreux analystes, la présence d’Ahmed Attaf à New York traduit avant tout la difficulté de l’Algérie à redéfinir une stratégie diplomatique crédible, au moment où ses initiatives régionales – du Sahel au Maghreb – s’enlisent dans des impasses.
MK/Sf/APA







