Un tournant stratégique s’est opéré, ce mercredi 10 juin 2026, au siège de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), à Abidjan. L’institution financière et le ministère délégué chargé de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur ont officiellement signé un protocole d’Entente.
Cet accord vise à mobiliser l’immense force économique de la diaspora pour financer le développement local. Le ministre délégué Adama Dosso, chargé de l’Intégration africaine, a souligné l’urgence de canaliser cette épargne vers des investissements productifs, créateurs de richesse et d’emplois.
La diaspora ivoirienne s’affirme comme un pilier financier incontournable. En 2025, ses transferts de fonds vers la Côte d’Ivoire ont atteint le montant record d’environ 938 milliards de FCFA. Si cette manne soutient traditionnellement la consommation, l’éducation ou la santé des ménages, le gouvernement entend désormais franchir un cap.
« Au-delà de ces transferts, il nous appartient désormais de créer les conditions permettant d’orienter une part croissante de cette épargne vers des investissements productifs, créateurs de richesse, d’emplois et de valeur ajoutée », a soutenu le ministre délégué.

« Le potentiel d’investissement de nos compatriotes de l’extérieur demeure encore largement sous-exploité, alors même qu’il pourrait contribuer de manière significative au financement des projets structurants inscrits dans le Plan national de développement (PND 2026-2030) », a-t-il dit.
Il a, en outre, souligné la nécessité de connecter cette ressource aux grands projets structurants de l’État. Pour opérationnaliser cette vision, la convention prévoit le déploiement de plusieurs mécanismes financiers majeurs.
Ce protocole devrait permettre le lancement de « Diaspora Bonds », des obligations spécifiquement conçues pour le financement des infrastructures nationales, ou encore l’intégration des Ivoiriens de l’extérieur dans les opérations de privatisation et d’ouverture du capital des entreprises publiques.
Il prévoit également l’exploration de solutions de titrisation d’actifs dans les secteurs de l’immobilier, de l’agriculture et des mines, ainsi que de la digitalisation intégrale des procédures pour faciliter l’achat de produits financiers depuis l’étranger.

Le directeur général de la BRVM, Edoh Kossi Amenounve, a salué ce changement de paradigme qui transforme le migrant en un co-investisseur de premier plan, dans un discours devant un parterre de personnalités, au siège de la Brvm, à Abidjan.
« Avec 47 sociétés cotées, plus de 200 lignes obligataires et une capitalisation globale proche de 29 000 milliards de FCFA, dont plus de 16 800 milliards pour les actions et plus de 12 000 milliards pour les obligations, la BRVM démontre chaque jour sa capacité à orienter l’épargne vers l’investissement productif », a-t-il souligné.
Edoh Kossi Amenounve a mis en avant une rentabilité moyenne attractive de l’ordre de 8 %, surpassant largement les placements financiers classiques. Le partenariat s’activera dès les prochaines semaines à travers un partage de données stratégiques et l’organisation de campagnes de sensibilisation à l’échelle internationale.
L’antenne nationale de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) en Côte d’Ivoire pilotera ces actions pour inciter la diaspora à participer activement à la construction économique du pays à travers des potentiels de croissance.
AP/APA






