Le Burkina Faso a commémoré, ce vendredi 15 mai, la troisième édition de la Journée des coutumes et traditions (JCT), instituée en 2024.
Des cérémonies organisées à Ouagadougou ont réuni autorités coutumières, représentants du gouvernement et adeptes des religions traditionnelles.
C’est dans la cour royale de Panghin, résidence de Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho, que s’est ouverte cette troisième édition de la Journée des coutumes et traditions (JCT) au Burkina Faso, placée cette année sous le thème : « Justice traditionnelle et spiritualités dans le Moogho ».
L’arrivée du Moogho Naaba Baongho à 9 h 25 a marqué le lancement officiel des festivités. La cérémonie a débuté par l’exécution de l’hymne national en langue mooré, dans une atmosphère empreinte de solennité et de ferveur culturelle.
Autorités coutumières et traditionnelles, représentants du gouvernement, administrateurs et hommes de culture ont pris place dans l’enceinte royale pour honorer ce rendez-vous désormais inscrit dans le calendrier officiel burkinabè.
Instituée le 6 mars 2024, la JCT traduit, selon les autorités, la volonté de l’État de valoriser le patrimoine immatériel tout en consolidant la laïcité républicaine.
Dans un message publié à cette occasion, le ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, a souhaité que cette commémoration « renforce l’attachement aux racines culturelles et contribue durablement à la cohésion sociale, au vivre-ensemble et à la consolidation de la paix ».
Pour sa part, le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a appelé tous les Burkinabè à « réfléchir sur la contribution de notre héritage culturel dans la construction du Burkina Faso nouveau dont nous rêvons », affirmant que cette journée interpelle sur « l’impérieuse nécessité de promouvoir nos valeurs ancestrales et nos pratiques culturelles ».
Les célébrations ne se sont pas limitées à la cour du Moogho Naaba. À Ouagadougou, des adeptes de la religion traditionnelle se sont rassemblés à la résidence du Trésor humain vivant Konomba Traoré pour une cérémonie marquée par des rites ancestraux.
Des sacrifices de poulets et de chèvres y ont été accomplis afin d’implorer les mânes des ancêtres pour le retour de la paix et de la sécurité dans le pays, en proie depuis plusieurs années à une grave crise sécuritaire.
Prenant la parole, Konomba Traoré a exhorté la jeunesse à se réapproprier les valeurs culturelles africaines, en rejetant toute lecture passéiste de ce « retour aux sources ».
« Le retour aux sources, ce n’est pas refuser l’ordinateur, le téléphone ou la voiture. C’est revenir aux fondamentaux : le respect du droit d’aînesse, des lois sociales, des interdits, mais aussi cultiver l’amitié, la solidarité, le vivre-ensemble et la parenté à plaisanterie », a-t-il soutenu.
Cette troisième édition de la JCT intervient dans un contexte de revendication affirmée de souveraineté culturelle par les autorités de la transition burkinabè, qui placent le retour aux valeurs endogènes au cœur de leur projet de refondation nationale.
HO/te/APA





