Face à l’arrivée, chaque année, de près de 400 000 jeunes sur le marché du travail en Côte d’Ivoire, l’État ivoirien transforme sa stratégie en structurant des parcours d’insertion à long terme, adaptés aux filières d’avenir.
Du 20 au 22 mai 2026, la capitale économique a vibré au rythme de la 3ème édition de la Foire nationale de l’emploi et du recrutement. Cet événement s’est ouvert avec une promesse concrète : rapprocher la jeunesse des opportunités économiques.
Le bilan des offres est historique avec 86 178 opportunités d’emplois annoncées, soit 36 178 offres d’emploi, de stages professionnels et de financements et 50 000 stages d’immersion ou jobs de vacances en entreprise.
Dès ce 1er juin 2026, ce dispositif massif a entamé son déploiement dans 25 régions de la Côte d’Ivoire. L’objectif est clair pour le ministère chargé de l’insertion professionnelle : décentraliser les opportunités pour toucher les jeunes au plus près de leurs territoires.
Dans un pays où plus de 75 % de la population a moins de 35 ans, l’insertion professionnelle est un défi démographique majeur. L’accès au premier emploi reste complexe en raison du poids du secteur informel et du décalage entre les formations et les besoins des entreprises.
Pour inverser la tendance, le gouvernement mise sur un accompagnement continu, de l’orientation jusqu’à la consolidation des compétences. Cette ambition s’appuie notamment sur le Programme Jeunesse du Gouvernement (PJ-Gouv).
Doté d’une enveloppe de 1 118 milliards FCFA, il vise à accompagner 1,5 million de jeunes vers l’emploi, la formation et l’entrepreneuriat. Le déploiement de l’Agence Emploi Jeunes, qui a déjà permis la mise en activité de 83 370 jeunes en 2025, illustre cette transition d’une logique d’opportunités ponctuelles vers de véritables trajectoires de carrière.
La durabilité de cette politique repose sur une orientation stratégique vers les métiers d’avenir. Selon les estimations de l’Organisation internationale du travail (OIT), la structure de l’emploi en Côte d’Ivoire indique 42,3 % de l’emploi total (numérique, logistique, relation client).
Ces statistiques relèvent au niveau de l’agriculture un taux de 36,3 % avec un fort accent sur la transformation locale agro-industrielle. Le secteur de l’industrie, lui, enregistre 21,4 % de la population active.
Pour soutenir cette transition, de grands projets structurants voient le jour. C’est le cas de la Cité de l’Innovation et de la Culture, dont la construction a été annoncée par le président Alassane Ouattara. Réunissant incubateurs et infrastructures technologiques, cet espace permettra à la jeunesse ivoirienne de s’insérer pleinement dans l’économie de demain.
AP/APA







