Face à la prolifération des intrants frauduleux qui menacent l’économie agricole, la Côte d’Ivoire muscle son dispositif de surveillance. Une quarantaine d’inspecteurs formateurs spécialisés dans le contrôle des engrais et des semences sont réunis à Abidjan pour un atelier de renforcement des capacités intensif.
La session de formation d’inspecteurs spécialisés pour le contrôle des engrais, entamée ce lundi 14 septembre 2026, sur les berges de la lagune Ebrié, se déroule jusqu’au 18 septembre 2026. Elle marque une étape cruciale dans la sécurisation des filières agricoles de la Côte d’Ivoire.
L’initiative est pilotée par la Direction des semences, engrais et produits assimilés (DSEPA) du ministère d’État, ministère de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, avec le soutien financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Elle s’inscrit dans la continuité directe de la prestation de serment, le 13 novembre 2024, de 224 inspecteurs des semences et des engrais. L’objectif principal est de doter ces professionnels d’outils informatiques modernes et de maîtriser les procédures d’inspection, d’échantillonnage et d’évaluation de la qualité.
L’assainissement du marché et la garantie d’une concurrence saine constituent une priorité absolue pour le gouvernement, en stricte conformité avec le Règlement C/REG.13/12/12 de la Cédéao qui régit le contrôle de la qualité des engrais dans l’espace communautaire.
Lors de la cérémonie d’ouverture, Ya Silué Naminata, directrice de la DSEPA, a insisté sur l’enjeu stratégique de la qualité des intrants pour la nutrition des cultures, les rendements et la préservation de la fertilité des sols.
Elle a toutefois tiré la sonnette d’alarme sur la présence de produits contrefaits et non conformes sur le marché ivoirien. Un fléau qui appauvrit les producteurs, dégrade l’environnement et brise la confiance des investisseurs.
Ya Silué Naminata a rappelé que si le cadre réglementaire ivoirien existe, sa valeur dépend avant tout de la rigueur de son application sur le terrain. L’assermentation des inspecteurs est un progrès, mais elle exige désormais une maîtrise parfaite des textes, de la traçabilité et des modalités de constatation des infractions.
Mêlant théorie et pratique, le programme de l’atelier couvrira l’étude de la composition des engrais, les techniques d’échantillonnage, la lutte anti-fraude ainsi que l’interprétation des analyses de laboratoire, a-t-elle souligné.
La directrice a vivement encouragé les participants à faire de cette session un lieu de partage d’expériences et de confrontation aux réalités du terrain. Ces 40 inspecteurs formateurs auront la responsabilité de transmettre ces compétences aux nouveaux agents dans les services d’inspection.
AP/Sf/APA





