Valérie Yapo, une cadre du PDCI (opposition), a annoncé ce lundi 4 mai 2026, la création du courant Héritiers pour la démocratie et la légalité (HDL PDCI-RDA). Entre critique acerbe de la gestion actuelle et appel à la révolution interne, elle dresse un bilan sombre de l’ère Tidjane Thiam et appelle à un redressement urgent du plus vieux parti de Côte d’Ivoire.
Le ton est donné. Pour Valérie Yapo et ses partisans, l’heure n’est plus au silence mais à l’action. Devant un parterre de journalistes, la présidente du tout nouveau courant HDL PDCI a jeté un pavé dans la mare en dressant un bilan sans concession de la vie du parti depuis le décès du Président Henri Konan Bédié, le 1er août 2023.
Selon Valérie Yapo, le PDCI-RDA traverse une zone de turbulences inédite depuis l’accession de Tidjane Thiam à sa tête en décembre 2023, après le décès de l’ancien chef d’Etat et chef du parti, Henri Konan Bédié.
Elle dénonce une « mauvaise élection » de Thiam, qui aurait ouvert la porte à des pratiques contraires aux valeurs du parti : « viol des textes statutaires, remplacement abusif de délégués et mise à l’écart du Bureau politique dans les prises de décisions stratégiques ».
« Le parti va mal », a-t-elle martelé, évoquant une « centralisation excessive » et une « forfaiture » qui fragilisent l’unité des militants. Pour elle, le malaise est tel que cinq procès ont été intentés contre la formation politique en l’espace de deux ans.
L’argumentaire de la présidente du courant HDL s’appuie sur les récents rendez-vous électoraux. Elle pointe du doigt l’absence de candidat officiel du PDCI à la présidentielle d’octobre 2025, une situation liée notamment à l’imbroglio autour de la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale, comme le point de rupture.
Les conséquences ne se sont pas fait attendre : « Un échec cuisant aux législatives de décembre 2025, où le parti a perdu la moitié de ses sièges à l’Assemblée nationale », rappelle Valérie Yapo avec amertume.
Plus récemment, la scission de certains députés refusant d’intégrer le groupe parlementaire officiel témoignerait, selon elle, d’un parti en perte de repères. Malgré la virulence des critiques, Valérie Yapo se défend de vouloir briser le parti. « Le courant HDL n’est ni une dissidence, ni une rupture. C’est un acte de responsabilité », précise-t-elle.
L’objectif affiché est de restaurer la démocratie interne et de revenir aux fondamentaux légués par Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié. Elle a également profité de l’occasion pour ironiser sur le récent séminaire de Bingerville (1er et 2 mai 2026), qu’elle qualifie de réunion d’un « club d’amis ».
La président du courant HDL PDCI-RDA accuse la direction actuelle du parti de vouloir instrumentaliser l’image des pères fondateurs pour masquer les échecs électoraux récents. En lançant les « Héritiers pour la démocratie et la légalité », Valérie Yapo appelle à une « révolution interne ».
Pour ce nouveau courant, le salut du PDCI-RDA passe par une confrontation d’idées transparentes et un respect rigoureux des textes « nous ne voulons pas nous rendre complices de la mort du PDCI-RDA par notre silence », a-t-elle déclaré.
Valérie Yapo a invité les militants qui croient encore en un parti fort et organisé à rejoindre cette dynamique de redressement. Reste à savoir comment la direction actuelle du parti réagira à cette levée de boucliers interne.
AP/Sf/APA







