Le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau a condamné, ce vendredi 30 janvier 2026, l’ex-député Mahamadou Gassama, membre du Conseil national de transition (CNT) du Mali, à trois ans de prison ferme pour outrage au chef de l’État ivoirien.
L’épilogue judiciaire d’une affaire qui tenait l’opinion publique en haleine depuis plusieurs mois a été franchi ce vendredi. Le tribunal a condamné l’ex-député malien Mahamadou Gassama à trois ans de prison ferme.
Cette peine est assortie d’une amende de 5 millions de FCFA et d’une interdiction de séjour de trois ans sur le territoire ivoirien. Le ministère public avait requis, lors de l’audience du 9 janvier 2026, une peine plus lourde de 5 ans d’emprisonnement. Le juge a finalement opté pour une sentence de 3 ans.
L’affaire remonte à 2024. Interpellé par la Direction de surveillance du territoire (DST) lors d’un passage en Côte d’Ivoire, l’élu de 67 ans était poursuivi pour « outrage au chef de l’État » et « atteinte aux institutions ».
En cause : une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux dans laquelle Mahamadou Gassama remettait en cause la nationalité du président Alassane Ouattara, le qualifiant par ailleurs de « déstabilisateur » et d’« ennemi du Mali ».
À la sortie de l’audience, la défense n’a pas caché sa déception. Me Ismaïla Konaté a fustigé une décision « excessive, grave et très sévère ». Son client ayant passé six mois dans les geôles, il avait plaidé pour une sentence de six mois, ce qui allait permettre à M. Gassama de recouvrer la liberté.
« Nous restons convaincus que l’environnement du dossier et surtout les excuses réitérées de M. Gassama (lors du procès) ne devraient pas lui faire supporter une décision de cette nature », a déclaré l’avocat.
Me Konaté a précisé qu’il allait examiner le contenu du jugement avec son confrère, Me Coulibaly, avant de décider d’un éventuel appel. Pour l’heure, l’élu malien dispose encore de voies de recours légales pour contester cette condamnation.
Le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau a ordonné que la décision prise, ce jour, soit publiée dans les journaux d’annonces légales de la République de Côte d’Ivoire.
AP/Sf/APA







