Mme Diene Keita, nouvellement nommée directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), effectue sa première visite officielle en Côte d’Ivoire, où elle s’est entretenue ce lundi 8 septembre 2025 avec le nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD), M. Sidi Ould Tah.
« Je suis venue en Côte d’Ivoire, premièrement pour saluer les autorités ivoiriennes. Et il se trouve que la BAD, basée en Côte d’Ivoire a son nouveau président, et ce nouveau président se trouve être mon frère : On a travaillé ensemble les 20 dernières années », a dit à la presse Mme Diene Keita, au siège de la BAD, à Abidjan.
Mme Diene Keita qui vient de prendre fonction, « il y a à peine une semaine », confie également être venue « pour (le) saluer et se serrer les coudes pour qu’on puisse mettre toutes nos expertises à la disposition de l’Afrique et avec la Côte d’Ivoire au centre de cela ».
Elle effectue une visite en Côte d’Ivoire du 6 au 12 septembre 2025.
Les deux personnalités ont échangé sur les synergies et les opportunités de coopération et de mobilisation de ressources en faveur de la jeunesse, de la santé maternelle, de l’autonomisation des femmes, des statistiques démographiques et du développement inclusif.
« La Côte d’Ivoire est un modèle de développement économique et social. Nous espérons ensemble commencer par la Côte d’Ivoire et continuer sur le continent », a-t-elle déclaré. Ajoutant que « nous aimerions qu’aucune femme ne puisse mourir en donnant la vie sur notre beau continent ».
Aujourd’hui, « l’Afrique est le continent où les femmes meurent le plus », a-t-elle fait observer. Mme Diene Keita a, ensuite, souhaité « que tous les jeunes puissent trouver du travail et mener une vie heureuse », car « on a un problème d’employabilité et de travail pour les jeunes ».
« Nous aimerions que l’informel cesse d’être informel pour que le formel puisse donner aux familles, aux jeunes, aux hommes et aux femmes une vie décente (afin que) les populations adultes puissent vieillir en sagesse sur un continent qui est le leur », a-t-elle souligné.
Avec leurs différentes expériences, la directrice exécutive de l’UNFPA et le président de la BAD, « envisagent un partenariat global » autour des priorités essentielles : la santé, les droits sexuels et reproductifs, l’égalité des sexes et le développement durable.
« On va s’assurer qu’on bâtisse un partenariat bilatéral et multilatéral », a-t-elle lancé, évoquant une synergie de toutes les agences des Nations Unies, selon les thématiques, ainsi qu’avec « les agences bilatérales pour qu’on puisse travailler ensemble sur les programmes d’intérêt. »
Il s’agit de « lutter contre la mortalité maternelle, de s’assurer aussi que les pays puissent bénéficier des dividendes démographiques », car l’enjeu « c’est l’employabilité des jeunes, la possibilité pour des jeunes filles et des jeunes gens de pouvoir accéder aux services de santé de la reproduction », a-t-elle poursuivi.
Pour Mme Diene Keita, également secrétaire générale adjointe des Nations Unies, si les populations accèdent aux contraceptifs, « il n’y aura pas de grossesses précoces, pas de grossesses non intentionnelles et les jeunes filles resteront à l’école plus longtemps et auront une possibilité de pouvoir travailler ».
Concernant les programmes d’infrastructures, l’institution compte s’assurer aussi qu’en Côte d’Ivoire, par exemple, où il y a beaucoup de routes, qu’il y ait également des centres de santé et d’éducation qui soient à la hauteur des enjeux pour qu’ils puissent être accessibles.
Cette visite intervient à un moment charnière, notamment à cinq ans de l’échéance des Objectifs de développement durable (ODD) et dans la continuité des engagements pris lors de la célébration du 30e anniversaire de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD).
Elle représente une occasion stratégique de réaffirmer l’engagement conjoint de l’UNFPA et de la Côte d’Ivoire à accélérer les progrès vers les trois résultats transformateurs : « mettre fin aux décès maternels ; mettre fin aux besoins non satisfaits en planification familiale ; et mettre fin aux violences basées sur le genre. »
Ces priorités s’inscrivent pleinement dans l’agenda mondial pour un développement inclusif, équitable et durable. La visite comprendra un déplacement sur le terrain et des échanges avec des femmes et des jeunes afin d’écouter leurs aspirations et de renforcer la participation des politiques aux programmes de développement.
Il est, en outre, prévu une visite de la Nouvelle pharmacie de santé publique afin de constater les initiatives pour améliorer l’accès aux produits de santé reproductive ; et une autre au Centre d’excellence de l’INFAS pour observer les innovations dans la formation des sage-femmes et du personnel de santé.
Mme Diene Keita rencontrera, selon son agenda, les partenaires au développement basés en Côte d’Ivoire, pour partager sur les perspectives de collaboration multisectorielle autour des priorités stratégiques du gouvernement ivoirien.
AP/Sf/APA





