Nestlé Côte d’Ivoire, filiale du géant agro-alimentaire suisse, a organisé ce vendredi 21 novembre 2025, la 2e édition d’Africa Youth Day, autour du thème « Jeunesse africaine et révolution numérique : Comment transformer les défis du digital en opportunités durables ? »
L’édition 2025 d’Africa Youth Day s’est tenue à l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire, à Cocody, dans l’Est d’Abidjan, en mode hybride, notamment en présentiel et en ligne. Un panel et une Master class ont meublé cette Journée de la jeunesse africaine.
Mame Pane Sakho, directrice de la Communication institutionnelle et des affaires publiques à Nestlé Côte d’Ivoire, représentant le directeur général de la filiale, a souligné que cette initiative vise à contribuer à l’employabilité des jeunes.
Cette activité, dira-t-elle, s’inscrit dans la vision du géant agro-alimentaire, qui est d’« accompagner les jeunes afin de les outiller davantage et leur permettre de pouvoir obtenir des opportunités économiques pour pouvoir s’insérer professionnellement ».
Avec le digital, « ils pourront s’auto-former », l’objectif étant de « susciter quelque chose en ces jeunes pour leur permettre de prendre le relais dans cette autoformation », a-t-elle relevé, insistant qu’ « à l’ère du numérique, le digital devient une compétence incontournable ».
« Donc, il est important que les jeunes puissent comprendre que ces compétences numériques les aideront à développer la Côte d’Ivoire, à développer l’Afrique et à venir, eux aussi, être la pierre à l’édifice » dans l’élan de croissance, a souligné Mame Pane Sakho.
« Comment utiliser le numérique pour pouvoir se créer des opportunités et développer le pays ? ». Tel était l’enjeu des échanges. Pour elle, « l’Afrique, c’est le continent de l’opportunité et les jeunes ont une responsabilité majeure dans le développement » du continent.
Le président de l’Université virtuelle de Côte d’Ivoire (UVCI), Tiémoman Koné, a indiqué que l’établissement a créé une Unité de recherche dans l’optique de réfléchir sur des défis locaux afin de générer des solutions adaptées à l’environnement.
L’UVCI est une université publique créée en 2015 pour répondre aux défis de l’excellence, de l’employabilité et de l’accès à l’enseignement supérieur. Elle propose des formations dans le domaine du numérique et des sciences, avec un focus sur l’employabilité des étudiants.

Changer le narratif
Stanislas Zézé, PDG de l’agence de notation financière Bloomfield Investment, a lors de ce panel et du Master class, prodigué des conseils aux étudiants. Il a estimé que l’Afrique va se développer à travers le secteur privé et il faut former les jeunes dans l’esprit d’être des entrepreneurs.
Toutefois, il faudrait « former des gens qui comprennent comment fonctionnent l’économie » pour transformer les défis structurels. Le rôle de l’Etat, lui, est de mettre en place le cadre propice qui permet aux citoyens de saisir des opportunités et créer de la richesse.
Il a encouragé les jeunes à penser des projets depuis l’université, à l’instar des fondateurs de Facebook et de Google. Au cours de la Master class, il conseillera qu’il faut entreprendre en fonction de ses moyens tout en cherchant à opposer à la concurrence un « besoin d’amélioration et d’innovation ».
Avec l’avènement du numérique, les jeunes ont un avantage et le digital, « ça ne coûte pas cher pour développer une application », a-t-il renchéri. Pour Stanislas, il faut changer le narratif face aux difficultés et oser réaliser ses rêves.
Ce chef d’entreprise chevronné a, par ailleurs, fait observer sur la Master class « Jeunesse et argent », que les hommes et les femmes d’affaires, sont des commerçants qui cherchent des opportunités ou des occasions pour se faire de l’argent. L’entrepreneur, par contre, construit une entreprise dans le temps.
Pour être un entrepreneur averti, Stanislas Zézé soutient qu’il faut embrasser des codes de valeurs : l’humilité, le courage, comprendre la psychologie de l’environnement, la persévérance, le travail, la probité, la capacité à maîtriser son environnement et l’excellence.

Le numérique, un secteur à fort potentiel
A l’endroit des diplômés de la diaspora, il les a encouragés à revenir au pays. Il a confié que lorsqu’il créait son agence de notation Bloomfield Investment, en Côte d’Ivoire, il y a 18 ans, il n’y avait pas de client et de cadre réglementaire au niveau des agences de notation financière.
« La probabilité de réussite était de zéro pour cent », d’où il fallait changer l’approche, a-t-il rapporté. Il cherchera à convaincre le régulateur du secteur financier et à faire des présentations aux entreprises pour créer, sur le continent, une agence de notation financière en monnaie locale.
Rachel Koffi, directrice exécutive de la Fondation Kaydan, un groupe spécialisé dans les BTP, a exhorté les jeunes à se former grâce au digital et à se construire une identité numérique professionnelle afin de se démarquer en ligne et se réaliser.
Le digital dominera, dans les prochaines années, la main d’œuvre en Afrique avec les compétences numériques comme base essentielle. Aujourd’hui, en Afrique de l’Ouest, les recruteurs recherchent des experts en data science, cyber sécurité, en Intelligence artificielle et cloud computing.
Selon un rapport de l’OIT, « plus d’un jeune sur quatre en Afrique est sans emploi. En Afrique du Nord, plus d’un jeune sur trois a du mal à trouver un poste, tandis qu’en Afrique Subsaharienne, de nombreux jeunes sont coincés dans des emplois précaires et mal rémunérés ».
AP/Sf/APA







