Depuis le mardi 1er septembre 2026, la campagne de cacao 2026-2027 est officiellement ouverte en Côte d’Ivoire. L’annonce du prix garanti aux producteurs, fixé à 1200 F CFA/kg, a immédiatement alimenté les discussions au sein de la filière.
Si le prix garanti de 1200 F CFA/kg (pour la campagne principale contre 2 800 Fcfa/Kg en 2025-2026), en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, suscite des réserves chez certains acteurs, l’analyse des mécanismes de vente anticipée et l’évolution des cours mondiaux démontrent qu’il s’agit du prix maximum possible dans le contexte actuel.
Certains acteurs de la chaîne de valeur jugent cette rémunération en-deçà de leurs attentes, comparant parfois la situation ivoirienne à celle d’autres pays producteurs. Pourtant, ce tarif n’a rien de dérisoire : il découle directement du système de stabilisation choisi par l’État et respecte strictement les engagements gouvernementaux.
La Côte d’Ivoire, à l’instar des autres pays producteurs, ne dicte pas les prix sur l’échiquier international : elle les subit. La notion de « bon prix » reste donc relative et évolue constamment au gré des fondamentaux du marché mondial. Ce qui paraît insatisfaisant aujourd’hui aurait été jugé excellent hier, et inversement.
Face aux fluctuations constantes du marché, ce qui semble être un bon prix garanti de cacao aujourd’hui le sera beaucoup moins demain et ce qui a été un excellent prix de cacao hier sera vu comme étant un mauvais prix aujourd’hui, parce que le contexte a évolué ou changé.
L’explication technique : la règle des 60% des cours mondiaux
Le prix de 1200 F CFA/kg n’a pas été choisi au hasard. Il représente précisément 60 % du prix des cours internationaux au moment où les ventes aux exportateurs ont été réalisées, à savoir entre mars et juin derniers.
Durant cette fenêtre cruciale de quatre mois, le Conseil du Café-Cacao a vendu 1,1 million de tonnes de contrats d’exportation. Une opération majeure menée à un rythme très soutenu, alors qu’elle s’étale habituellement sur neuf mois.
Or, à cette période, la conjoncture économique mondiale a provoqué une chute de près de 70 % des cours du cacao, qui oscillaient sur le marché international entre £2200 et £2800 la tonne (soit l’équivalent de 1680 F CFA à 2138 F CFA le kilogramme).
La Côte d’Ivoire applique le modèle de la vente anticipée et de la stabilisation depuis 1960. La seule exception notable réside dans la période de libéralisation totale de la filière, étendue sur 11 ans (de 2000 à 2011) sous le régime de la « refondation » du FPI.
L’histoire retient que durant cette décennie de libéralisation, les grands gagnants n’étaient pas les producteurs, mais plutôt les exportateurs, les acheteurs et les pisteurs. Ces derniers imposaient leurs tarifs sur le terrain.
Les prix des fèves de cacao fluctuaient de manière anarchique d’une région à une autre, d’une ville à une autre, et parfois même au sein d’une même localité selon l’acheteur. Depuis la réforme de 2012, le retour à la stabilisation protège le paysan de cette anarchie en lui assurant un prix unique et garanti sur l’ensemble du territoire, équivalant au minimum à 60 % du prix du marché international.
La moyenne des ventes de ces contrats sur le marché, par le Conseil du Café-Cacao, organe de régulation de la filière, s’étant établie à 1940 F CFA/kg, le prix garanti de 1200 F CFA/kg s’aligne fidèlement sur cette réalité.
De plus, les études du régulateur indiquent que les coûts de production en Côte d’Ivoire se situent à 1000 F CFA/kg. Ce prix garanti offre ainsi une marge supérieure aux coûts de production et ne peut être qualifié de « dérisoire », selon observateur ayant requis l’anonymat.
Certes, au moment où la campagne débute, les cours mondiaux affichent une nette réévaluation, atteignant 4 300 livres sterling (soit environ 3 284 F CFA/kg). Toutefois, cette embellie n’a commencé à se manifester qu’en août, alors que la Côte d’Ivoire avait déjà clôturé ses ventes de contrats en juillet.
Pourquoi un prix garanti de 1200 F CFA/KG ?
La Côte d’Ivoire a fait le choix, depuis 2012, de stabiliser son secteur cacao en optant pour la vente anticipée. Ce mécanisme permet de fixer un prix garanti connecté aux fluctuations du marché international.
L’État s’est également engagé à reverser aux producteurs un prix garanti représentant, au minimum, 60 % des cours mondiaux. Cette règle a toujours été respectée, et c’est encore le cas pour la campagne 2026/27.
En seulement quatre mois, le pays a vendu 1,1 million de tonnes de contrats d’exportation aux multinationales, une opération qui s’étalait habituellement sur neuf mois les années précédentes. Durant cette période de vente gérée par Le Conseil du Café-Cacao, le marché mondial subissait une chute de près de 70 % en raison de la conjoncture économique, affichant des prix compris entre 1 680 F CFA/kg et 2 138 F CFA/kg.
Certes, les cours mondiaux s’affichent aujourd’hui à 4 300 livres sterling (soit environ 3 284 F CFA/kg). Il faut cependant rappeler que cette embellie n’a débuté qu’en août, alors que la Côte d’Ivoire avait déjà clôturé ses ventes de contrats en juillet.
« La Côte d’Ivoire, tout comme les autres pays producteurs, ne fixe pas les prix du cacao sur le marché mondial : elle les subit, et personne ne peut prédire l’avenir sur ce marché », confie cet observateur sous couvert d’anonymat.
Le prix garanti de 1 200 F CFA arrêté par l’État ivoirien reflète donc la réalité du marché au moment des ventes. Il cadre parfaitement avec la promesse gouvernementale d’octroyer 60 % de la valeur des cours mondiaux.
C’est le montant maximum que la Côte d’Ivoire pouvait fixer dans le contexte des ventes réalisées entre mars et juin 2026. S’il est rigoureusement respecté sur le terrain par l’ensemble des acheteurs et des pisteurs, ce tarif assurera des revenus décents aux producteurs ivoiriens tout au long de cette nouvelle campagne.
AP/Sf/APA





