Trois membres de la Police militaire sont poursuivis en RDC pour avoir infligé des traitements inhumains à une présumée braqueuse de banque.
Ils ont comparu mardi devant la cour militaire de Kinshasa-Gombe, au nord de la capitale congolaise, lors d’une audience tenue au siège de la 14ᵉ région militaire.
« La cour a commencé son audition par le prévenu Désiré Mumesa Kimpwene, commandant de bataillon PM, pour l’infraction de violation des consignes. Je l’invite à la barre », a annoncé le colonel magistrat Jean Robert Kilensele, président de la cour.
À la barre, le commandant Mumesa a confirmé sa présence lors de l’arrestation de la suspecte à la Rawbank. « J’ai remis la femme interpellée à la Task Force TD. Elle portait un collant et était à moitié nue, sans haut. », a-t-il déclaré. Il a précisé l’avoir interrogée — une certaine Honorine Porsche Massamba — avant de rédiger un rapport transmis à sa hiérarchie via WhatsApp. Il a toutefois nié être l’auteur de la vidéo montrant la femme nue, laquelle a circulé sur les réseaux sociaux.
Le commandant a précisé avoir ordonné que la suspecte soit embarquée dans une jeep : « J’étais à l’avant du véhicule, derrière se trouvaient deux membres de la Task Force et un adjudant de la Police nationale congolaise (PNC) ». Selon lui, ce sont ces derniers qui auraient filmé la scène, avant de transmettre la vidéo à deux officiers supérieurs, à savoir les capitaines Mwamba et Fernand Kongowi, qui leur auraient demandé des images.
Appelés à la barre, les capitaines Dieudonné Mwamba et Fernand Kongowi ont rejeté toute responsabilité dans la diffusion de la vidéo. « Nous reconnaissons avoir fait partie de l’équipe d’intervention le jour du braquage. Mais personnellement, mon colonel, je n’ai ni filmé, ni diffusé quoi que ce soit sur les réseaux sociaux », s’est défendu le capitaine Mwamba.
Pour faire la lumière sur les circonstances de la diffusion de cette vidéo devenue virale, la cour a décidé d’en projeter les images lors de la prochaine audience.
« La publication de cette vidéo constitue une infraction à la bonne vie et aux mœurs. C’est pourquoi, à l’audience de mercredi, nous procèderons à la projection de certains enregistrements vidéo en notre possession. Si nécessaire, nous ferons appel à des experts pour identifier la personne à l’origine de la mise en ligne de cette vidéo montrant la nudité de la suspecte », a conclu le colonel magistrat Jean Robert Kilensele.
L’audience a été renvoyée au mercredi 22 octobre 2025 pour la suite des débats.
DM/te/Sf/APA





