Human Rights Watch (HRW) a appelé mercredi l’Union africaine (UA) à intensifier son engagement auprès du gouvernement fédéral éthiopien et du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), afin d’empêcher l’effondrement du fragile accord de paix, alors que les combats reprennent dans le nord de l’Éthiopie.
À peine une semaine après la réunion de dirigeants africains à Luanda consacrée au renforcement des capacités de l’UA en matière de prévention des conflits, les tensions entre Addis-Abeba et le TPLF ont refait surface.
Le directeur du plaidoyer de Human Rights Watch pour l’Afrique, Allan Ngari, a jugé préoccupante la situation dans le nord de l’Éthiopie, estimant qu’elle offrait à l’UA une occasion concrète d’intensifier son engagement auprès des deux parties.
Selon lui, l’organisation panafricaine doit renforcer son action auprès du gouvernement fédéral éthiopien et du TPLF afin de régler les différends qui menacent l’accord de paix signé en 2022 à Pretoria, en Afrique du Sud.
« L’UA doit agir avant que l’escalade des tensions n’échappe à tout contrôle », a-t-il déclaré.
« Elle devrait déterminer si le dispositif de médiation existant doit être renforcé et demander à son Mécanisme de suivi, de vérification et de conformité de rendre compte publiquement du respect de l’accord, notamment concernant les allégations de remobilisation et d’exactions contre les civils », a-t-il ajouté.
Les deux parties ont signé, en novembre 2022, l’Accord de cessation des hostilités de Prétoria, négocié sous l’égide de l’UA. Toutefois, des différends portant notamment sur les territoires contestés, le désarmement et le retour des personnes déplacées continuent d’entraver sa mise en œuvre.
En août, de violents affrontements ont éclaté près de la frontière entre l’Éthiopie et le Soudan, avec notamment des informations faisant état de frappes d’artillerie et de drones.
Allan Ngari a souligné que les civils restaient exposés aux violences, citant des exactions commises contre des Tigréens par les autorités dans le Tigré occidental, ainsi que de récentes informations faisant état de recrutements forcés par le TPLF, y compris d’enfants.
Il a également averti que les mécanismes de médiation étaient soumis à de fortes tensions, s’interrogeant sur le fait que les canaux existants bénéficiaient toujours de la confiance des deux parties.
Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a récemment approuvé un nouveau modèle de déclenchement pour l’alerte précoce et la réponse, destiné à combler le fossé entre la détection des risques et l’action préventive.
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