L’arrivée de près de 4 000 réfugiés ayant fui les affrontements au Yémen exerce une forte pression sur Obock, dans le nord de Djibouti, où les populations sont déjà confrontées à la sécheresse et à l’insécurité alimentaire, a alerté mercredi l’Organisation des Nations Unies (ONU), appelant à un renforcement de l’aide internationale.
Les arrivées atteignant près de 4 000 réfugiés, enregistrées dans le Nord de Djibouti en quelques jours au début de l’escalade du conflit au Yémen, il y a un mois, concernent majoritairement des enfants et des femmes, selon José Barahona, coordonnateur résident des Nations Unies à Djibouti, lors d’un point de presse par visioconférence avec des journalistes à New York.
La plupart des personnes accueillies ont fui les bombardements ayant touché plusieurs localités du Yémen, notamment les environs du port de Mokha, sur la côte ouest du pays. Les autorités djiboutiennes, avec l’appui des agences onusiennes, ont secouru les personnes débarquées sur le littoral ou retrouvées dans le désert avant de les acheminer vers Obock.
Cette ville d’environ 20 000 habitants fait déjà face à des difficultés d’accès à l’eau et à la nourriture. Près d’un quart de sa population souffre d’insécurité alimentaire aiguë, selon les données citées par le responsable onusien.
La crise intervient dans un contexte migratoire déjà tendu. Chaque année, entre 250 000 et 300 000 migrants, principalement originaires des zones rurales d’Éthiopie, traversent Djibouti pour rejoindre le Yémen, puis l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe à la recherche d’un emploi.
L’aggravation du conflit au Yémen complique cependant ces déplacements et laisse de nombreux migrants bloqués à Obock dans des conditions précaires, avec un accès limité à l’eau et à la nourriture. La situation est d’autant plus préoccupante que Djibouti a connu une mauvaise saison des pluies, accentuant la vulnérabilité des communautés locales.
Les dangers de cette route migratoire ont été illustrés par le récent naufrage d’une embarcation surchargée transportant plus de 300 personnes. Selon les informations communiquées, 139 corps ont été retrouvés et 84 personnes restent portées disparues, portant à plus de 200 le nombre potentiel de victimes.
Pour répondre à l’urgence, les agences des Nations Unies coordonnent leurs interventions avec les autorités djiboutiennes. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) distribue 1 500 repas chauds deux fois par jour aux nouveaux arrivants. Le Programme alimentaire mondial (PAM) fournit une aide alimentaire, tandis que l’UNICEF intervient dans l’approvisionnement en eau et que le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) soutient l’enregistrement des réfugiés.
L’OIM gère également un centre d’accueil à Obock, où les migrants peuvent bénéficier de soins médicaux, de nourriture et, s’ils le souhaitent, préparer leur retour en Éthiopie. Toutefois, de nombreux migrants restent en dehors de ce dispositif, dans l’attente de pouvoir poursuivre leur trajet.
Djibouti accueille déjà environ 35 000 réfugiés originaires de pays voisins, en plus des centaines de milliers de migrants qui transitent chaque année par son territoire. Malgré une législation permettant aux réfugiés enregistrés de circuler librement et de travailler légalement, les capacités nationales restent limitées face à l’augmentation des besoins.
Sur les 7 millions de dollars nécessaires pour faire face à cette nouvelle crise, seuls 2,8 millions ont été confirmés. Les Nations Unies appellent ainsi la communauté internationale à renforcer son soutien aux autorités et aux populations d’accueil, confrontées à une pression humanitaire croissante.
TE/Sf/APA





