La lourde peine prononcée contre Amar , ex- dirigeant de la FAF, met en lumière les dérives persistantes de la gouvernance du football algérien et les limites du contrôle interne au sein de la Fédération.
La cour de Chéraga a condamné, dimanche, Amar Behloul, ancien président de la Ligue régionale de football de la wilaya d’Annaba et ex-membre du bureau fédéral de la Fédération algérienne de football (FAF), à trois ans de prison ferme assortis d’une amende de 200 000 dinars algériens. Il a également été condamné à verser plus d’un million de dinars de dommages et intérêts à la FAF, partie civile dans cette affaire.
Selon le jugement, l’ancien responsable a été reconnu coupable de détournement de fonds publics. Les faits reprochés portent sur l’utilisation d’ordres de mission émis par la ligue régionale à des fins personnelles, notamment pour couvrir des frais de déplacement et d’hébergement dans plusieurs hôtels à Alger.
La justice lui reproche également d’avoir fait prendre en charge, par les finances de la FAF, les honoraires d’un avocat chargé de défendre ses intérêts personnels devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), après sa révocation de ses fonctions.
Au-delà des montants en jeu, relativement modestes à l’échelle des finances du football national, l’affaire met en évidence des pratiques de confusion entre fonctions institutionnelles et intérêts privés. Les magistrats ont notamment retenu que des recours judiciaires engagés contre la FAF avaient été financés avec des fonds fédéraux, illustrant une dérive systémique dans l’usage des ressources de l’institution.
À la barre, Amar Behloul a vigoureusement rejeté l’ensemble des accusations, dénonçant ce qu’il a qualifié de « procédure abusive ». Il a affirmé n’avoir jamais dilapidé de fonds publics et soutenu avoir laissé, à son départ, plus de 13 milliards de centimes dans les comptes de la ligue, hors budgets des autres ligues placées sous sa tutelle. Il a insisté sur le caractère professionnel de tous ses déplacements, réalisés, selon lui, sur la base d’ordres de mission dûment signés par le secrétaire général et le directeur financier.
Sa défense a également tenté de minimiser les faits reprochés, mettant en avant des séjours dans des hôtels « modestes » et de courte durée, présentés comme une preuve de bonne gestion. Concernant les honoraires de l’avocat, l’ex-dirigeant a soutenu que ce dernier défendait les intérêts de la ligue régionale et non les siens, une thèse écartée par la juridiction.
L’affaire trouve son origine dans une plainte avec constitution de partie civile déposée par la FAF, dénonçant des irrégularités commises dans la gestion de la Ligue régionale Est, couvrant notamment Annaba, Guelma, Tébessa, Souk Ahras et El Tarf. Il est reproché à Amar Behloul d’avoir continué à utiliser des ordres de mission et à percevoir des remboursements après son éviction, ainsi que d’avoir engagé des dépenses juridiques personnelles estimées à 30,8 millions de centimes.
Au-delà du cas individuel, cette condamnation relance le débat sur la transparence et la responsabilité au sein des instances sportives algériennes, longtemps critiquées pour l’opacité de leur gestion et la faiblesse des mécanismes de contrôle, malgré les discours officiels de réforme.
MK/Sf/APA







