La Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (COSADT) a dénoncé, mardi 27 janvier 2026 à N’Djaména, l’application de l’ordonnance n°009/PT/2023 du 1er août 2023 relative aux attroupements, qu’elle qualifie de liberticide et contraire aux principes démocratiques.
Lors d’un point de presse le coordonnateur de la COSADT, Izadine Ahmat Tidjani, a rappelé que les libertés d’expression, de réunion et d’association constituent le fondement d’une démocratie fonctionnelle, fondée sur la participation citoyenne, la responsabilité des gouvernants et la protection des droits humains.
La coalition a exprimé sa vive inquiétude face à la mise en œuvre d’une ordonnance qu’elle estime obsolète, car signée durant les vacances parlementaires et jamais soumise à la ratification du Parlement. Selon la COSADT, ce texte est de ce fait caduque et sans portée juridique.
La COSADT soutient que l’ordonnance est contraire à la Constitution tchadienne du 8 octobre 2025, dont l’article 28 garantit les libertés d’opinion, d’expression, de presse, d’association, de réunion, de circulation et de manifestation. Elle estime également qu’elle viole plusieurs engagements internationaux ratifiés par le Tchad, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
La coalition a par ailleurs dénoncé le caractère jugé disproportionné, non nécessaire et flou du texte, estimant qu’il ne permet pas aux citoyens de distinguer clairement ce qui est autorisé de ce qui est interdit. Elle a également accusé les autorités d’une application discriminatoire de l’ordonnance, affirmant que seules les activités du parti au pouvoir et de ses alliés seraient autorisées, tandis que celles de l’opposition seraient systématiquement interdites.
Au regard de ces éléments, la COSADT a exigé l’annulation pure et simple de l’ordonnance n°009/PT/2023 afin, selon elle, de préserver le bon fonctionnement de la démocratie au Tchad.
En outre, la coalition a exprimé son regret à la suite de l’arrestation de Faustin Djimoudel, président du Syndicat des instituteurs et enseignants du Tchad (SIET), évoquant une dégradation de son état de santé en détention et appelant à sa libération immédiate et sans condition.
Enfin, la COSADT a appelé les citoyens à s’engager pour la défense des libertés fondamentales et a réaffirmé sa détermination à poursuivre son combat pour la dignité, la liberté et la consolidation de la démocratie au Tchad.
RNK/Sf/APA







