À seulement 24 heures de l’ouverture des urnes, le juge des référés a ordonné ce jeudi 19 février 2026 la suspension du 12e Congrès de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI). Au cœur de ce blocage judiciaire : une bataille acharnée autour de l’éligibilité du candidat Franck Ettien.
Le monde des médias ivoiriens est en ébullition. Alors que les journalistes s’apprêtaient à élire les 20 et 21 février leur nouveau président, la justice a tranché en faveur d’un report sine die. Cette décision fait suite à une saisine en urgence par le « Collectif pour le respect des textes », composé des journalistes Atta Étienne Narcisse, N’Dri Jérôme et Koffi Fulbert.
Une candidature sous le feu des critiques
Le Collectif pour le respect des textes conteste vigoureusement la validité de la candidature de Franck Ettien. Deux griefs principaux sont formulés par les requérants, proches du camp de sa rivale, Marie Laure N’Goran. L’UNJCI est la principale faîtière des journalistes ivoiriens.
Ces griefs sont relatifs aux cotisations et à son statut d’électeur. Selon les contestataires, le fichier officiel 2024 de l’UNJCI ne mentionne pas Franck Ettien comme étant à jour de ses cotisations, une condition sine qua non pour être éligible.
Concernant l’exception portant sur l’incompatibilité de fonction, le Collectif affirme que le candidat occupait encore récemment le poste de directeur de cabinet au Conseil régional du Gbôklè (centre), une fonction jugée incompatible avec la présidence de la faîtière.
De son côté, l’équipe de Franck Ettien rejette en bloc ces accusations, soutenant qu’il est régulièrement inscrit sur les fichiers de l’Union et qu’il a démissionné de ses fonctions administratives pour se consacrer à sa campagne.
Médiations infructueuses et tensions persistantes
Malgré l’intervention du ministre de la Communication et la mise en place d’une commission paritaire pour stabiliser la liste électorale, le dialogue semble rompu. Le Conseil d’administration de l’UNJCI avait pourtant validé la candidature de M. Ettien dès le 26 janvier 2026, lançant ainsi officiellement les hostilités électorales.
Face à ce blocage, le Conseil des Sages et des Past-Présidents de l’UNJCI est sorti de son silence pour appeler à l’apaisement. Dans un message adressé aux membres, ils ont exhorté les journalistes à privilégier « l’unité post-congrès » et à préserver les principes fondamentaux de l’organisation.
Cette suspension judiciaire plonge l’Union dans l’incertitude. La procédure judiciaire, confiée au Cabinet Dohora Blede, devra désormais trancher le fond du litige avant qu’une nouvelle date ne puisse être fixée. Le camp Ettien soutient inéluctablement son candidat.
AP/Sf/APA







