La Cour d’appel de Bamako a examiné à huis clos, le 25 novembre, les dossiers de Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath, et de l’influenceuse Rokia Doumbia, connue sous le nom de Rose Vie Chère.
Après plus de deux ans de détention préventive, les juges ont fixé la date du délibéré des procès en appel contre Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath et Rokia Doumbia dite Rose Vie Chère, au 16 décembre 2025.
L’audience du 25 novembre s’est tenue en l’absence des deux prévenus. Leur avocat, Me Kassoum Tapo, a plaidé le non-lieu en rappelant les décisions déjà rendues et en invoquant le principe de non bis in idem, selon lequel les mêmes faits ne peuvent être jugés deux fois. Le ministère public, quant à lui, a confirmé les qualifications déjà retenues lors des précédentes procédures.
La décision attendue le 16 décembre doit déterminer l’issue des poursuites encore en cours. Elle est particulièrement suivie en raison de la notoriété des deux prévenus et de la durée exceptionnelle de leur détention préventive, entamée depuis leur arrestation en mars 2023.
Figure majeure du paysage médiatique malien depuis plus de dix ans, Ras Bath s’est illustré par ses prises de position publiques et son engagement au sein de la société civile. Les poursuites à son encontre découlent de déclarations faites en mars 2023, dans lesquelles il soutenait que l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait été « assassiné », contrairement à la version officielle évoquant un décès en détention. Le parquet l’accuse d’avoir simulé une infraction, conformément à l’article 190 de l’ancien Code pénal, repris à l’article 242-97 du Code pénal adopté en 2024. D’autres chefs d’inculpation sont retenus : association de malfaiteurs et atteinte au crédit de l’État, autrefois définis par l’article 134 et désormais inscrits aux articles 242-74 et suivants. Ces éléments avaient déjà été tranchés lors d’une précédente procédure ayant abouti à une condamnation en appel en 2024.
De son côté, Rokia Doumbia s’est fait connaître grâce à des vidéos très suivies sur les réseaux sociaux. Son arrestation en mars 2023 est intervenue peu après la diffusion d’un contenu devenu viral. Le parquet l’accuse d’incitation à la révolte, d’atteinte au crédit de l’État et d’association de malfaiteurs, des infractions liées notamment aux troubles à l’ordre public. Si certains aspects de ces accusations ont déjà été examinés dans des décisions antérieures, les volets portant sur la diffusion numérique sont encore en cours d’instruction devant la juridiction d’appel.
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