Face au recul des financements concessionnels, à la hausse du coût de la dette et à l’ampleur des besoins en infrastructures, la titrisation s’invite désormais au cœur du débat économique à Dakar.
La capitale sénégalaise a abrité, ce 17 janvier, la première édition du Forum Dakar Business Connect, une rencontre de haut niveau consacrée à la titrisation comme mécanisme alternatif de financement du développement, à l’initiative du magazine économique Le Marché.
Ouvrant les travaux, Dr Abdou Diaw, promoteur de l’événement, a insisté sur la nécessité, pour les États et les acteurs économiques de l’espace Uemoa, de repenser leurs stratégies de mobilisation des ressources.
Dans un environnement marqué par la raréfaction de l’aide publique au développement et le renchérissement des conditions de financement sur les marchés, la titrisation apparaît, selon lui, comme un outil innovant encore sous-exploité, mais porteur de perspectives réelles.
Placée sous le thème « Titrisation et financement du développement : opportunités, enjeux et perspectives », cette première édition a également servi de cadre à une réflexion plus large sur le rôle des médias économiques.
« Les médias spécialisés ne peuvent plus se limiter à informer ; ils doivent devenir de véritables plateformes d’échange, de réflexion et de propositions », a déclaré Abdou Diaw, justifiant la création de Dakar Business Connect comme un espace périodique de dialogue entre décideurs publics, investisseurs et secteur privé.
Les échanges se sont articulés autour de deux panels structurants. Le premier, « Titrisation : un levier stratégique pour financer les infrastructures et les politiques publiques », a analysé les possibilités offertes par cet instrument pour mobiliser des ressources longues destinées aux investissements publics.
Le second panel, « Titrisation et secteur privé : un outil pour accélérer la croissance des entreprises et dynamiser les marchés financiers », a mis l’accent sur son potentiel pour soutenir les PME, renforcer les bilans des institutions financières et approfondir les marchés de capitaux régionaux.
Dans son intervention, le promoteur du forum a également pointé le déficit de culture financière et boursière dans la sous-région. À titre illustratif, il a rappelé que le Sénégal ne comptait qu’un peu plus de 30 000 comptes-titres à fin 2024, sur près de 200 000 dans l’ensemble de l’Union, soulignant ainsi l’ampleur du potentiel encore inexploité.
Pour y remédier, le magazine Le Marché a placé la formation au cœur de son action, notamment à travers des masterclass d’initiation à la Bourse qui ont déjà permis à plusieurs participants de réaliser leurs premières opérations sur le marché financier régional.
Au-delà des constats, Dakar Business Connect se veut résolument orienté vers l’action. Les échanges ont ainsi permis d’identifier les opportunités, mais aussi les contraintes liées à la titrisation, notamment en matière de cadre réglementaire, de structuration des opérations et de promotion de cet instrument financier.
En annonçant la tenue d’une deuxième édition en mai 2026, Abdou Diaw a réaffirmé l’ambition d’inscrire ce forum dans la durée et d’en faire un rendez-vous de référence pour accompagner la transformation des économies de l’espace Uemoa, en faisant de la titrisation un véritable levier au service du développement.
ARD/Sf/APA






