Le Réseau des acteurs de médias pour le développement (RMD) a réuni experts et fondations, ce jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan, lors de la deuxième édition du « Café du développement », pour alerter sur la pénibilité du travail des enfants dans les plantations de cacao et sceller un pacte national de protection.
Placée sous le thème : « Pénibilité et travaux dangereux dans la cacaoculture : préserver la santé et l’éducation des enfants pour bâtir un développement durable », cette rencontre a mis en lumière un phénomène encore insuffisamment abordé qui menace directement l’avenir de la jeunesse rurale et la durabilité de la principale filière économique du pays.
Pour Hervé Gobou, président du RMD, l’objectif est clair : attirer l’attention de la communauté nationale afin de préserver la durabilité de la cacaoculture ivoirienne sans sacrifier l’avenir des générations futures. Face à la persistance de tâches inadaptées à l’âge des enfants, il a appelé à une synergie d’actions immédiate.
« Notre ambition est de contribuer à une meilleure affirmation des droits de l’enfant et de faire en sorte que sa véritable place soit à l’école et non dans les plantations de cacao », a-t-il martelé. Un avis pleinement partagé par Patricia Aké, représentante de la Fondation Édouard Fonh-Gbéi (EFG), pour qui la lutte contre ce fléau est à la fois un devoir moral et une nécessité économique.
Rappelant que les enfants ne doivent manipuler ni outils dangereux ni charges trop lourdes, elle a souligné que garantir leur accès à l’éducation reste le levier indispensable pour briser le cycle de la pauvreté en milieu rural.
De son côté, le directeur exécutif de la Fondation Kuyo, Edem Kouadio, a estimé que la présence d’un enfant aux champs doit se cantonner à la découverte et à l’accompagnement des parents, excluant toute forme de pénibilité. Pour y parvenir, il préconise une approche de co-construction locale.
Edem Kouadio propose notamment l’instauration de groupes de discussion (focus groups) dans les villages pour créer une véritable veille communautaire. Cette démarche de communication pour le changement de comportement vise à faire évoluer les normes sociales locales et à inciter les parents, comme le recommande également Patricia Aké, à protéger activement la santé de leur progéniture.
Le point d’orgue de ce « Café du développement » a été la signature solennelle de la « Déclaration d’Abidjan ». Ce pacte multi-acteurs engage l’ensemble des parties prenantes à travers cinq piliers stratégiques majeurs.
Les deux premiers piliers de cette initiative s’articulent autour du renforcement des contrôles institutionnels pour interdire strictement les travaux dangereux et de l’amélioration des infrastructures socio-éducatives et sanitaires grâce à la construction d’écoles et de centres de santé en milieu rural.
En outre, ce dispositif s’articule autour de la responsabilisation de la filière cacao à travers des critères stricts de traçabilité et de durabilité, l’implication des chefs traditionnels et des communautés dans la sensibilisation locale, et le rôle accru des médias pour dénoncer les abus et suivre les engagements.
Les signataires ont lancé un appel pressant aux acteurs nationaux et internationaux pour coaliser leurs efforts, garantissant ainsi le respect des droits, de la santé et de l’avenir de la jeunesse ivoirienne.
AP/Sf/APA





