Porté par un financement global de 190 millions de dollars de la Banque mondiale, le Programme pour l’emploi, la transformation économique et la relance (ETER/JET) s’impose comme le moteur du passage de la survie à l’expansion régionale pour les PME sénégalaises.
Dans un paysage économique où plus de 94 % des entreprises évoluent dans l’informel et seulement 1,3 % du secteur formel compte au moins cinq salariés, le tissu productif sénégalais se heurtait historiquement à de lourds freins : rigidités réglementaires, déficit de financement et faible digitalisation.
Pour inverser cette tendance, la Banque mondiale a injecté dès 2021 une enveloppe initiale de 125 millions de dollars via l’Association internationale de développement (IDA), articulée autour du Programme d’accélération de la compétitivité et de l’emploi (PACE).
Sur le terrain, l’action conjointe des agences d’exécution — notamment l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (ADEPME) et le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP) — porte ses fruits.
L’entreprise de logistique Logidoo figure parmi les exemples les plus emblématiques de cette transformation : grâce à une prise en charge institutionnelle et financière de son expansion, la société a vu ses recettes d’exportation bondir de 85,97 % en un an après son implantation en Guinée et en Côte d’Ivoire, tout en faisant passer ses effectifs de 21 à 57 salariés.
Au premier trimestre 2026, le bilan opérationnel du programme affiche des réalisations majeures : création ou maintien de plus de 71 000 emplois à travers le pays; plus de 8 000 entreprises soutenues par des subventions de contrepartie (dont 52 % dirigées par des femmes et 40 % actives dans l’agroalimentaire), dépassant largement l’objectif initial de 2 500 entités; allocation de 17,8 millions de dollars pour l’adoption technologique et accompagnement de la formalisation de plus de 5 000 entreprises, et mobilisation de plus de 26 millions de dollars en garanties partielles de crédit via le FONGIP, renforcée par les interventions du Fonds Oyass dédié au capital-investissement.
Afin d’amplifier ces dynamiques et d’aligner ses interventions sur la vision de l’Agenda Sénégal 2050, une rallonge budgétaire de 65 millions de dollars a été accordée fin 2025, prolongeant le programme jusqu’en décembre 2027.
Cette phase complémentaire vise à simplifier davantage les procédures administratives, à cibler les pôles régionaux à forte valeur ajoutée et à intensifier le partenariat public-privé avec le Groupe de la Banque mondiale.
TE/Sf/APA





