Face au vieillissement de la main-d’œuvre rurale et au chômage des diplômés, le secteur agricole ivoirien cherche son second souffle auprès de la nouvelle génération.
Attirer les jeunes confrontés au chômage dans le secteur agricole, Tel est le sens de la 5e édition de la Journée nationale de l’agriculteur (JNA), initiée par l’Organisation nationale des agriculteurs de Côte d’Ivoire (ONACI), qui s’est tenue ce jeudi 23 juillet 2026, à Montézo, dans la région de la Mé (Sud).
L’ONACI, un réseau puissant de 36 000 membres regroupés au sein de 630 organisations agricoles à travers le pays, a voulu cette journée festive mais surtout réflexive. Pour cette édition, le thème était évocateur : « Quelles pratiques agricoles innovantes pour une jeunesse consciente, dynamique et volontaire afin d’impacter l’économie ivoirienne ? »
Le délégué national de l’ONACI, Prospère Mambo, a rappelé que la JNA est née d’un constat : les initiatives valorisent souvent l’agriculture, mais oublient l’agriculteur lui-même. Il a fermement soutenu que la terre reste une opportunité majeure d’insertion face au chômage de masse.
Alors que le secteur agricole souffre d’un important déficit de main-d’œuvre, son développement passe nécessairement par l’accélération de la modernisation des outils de production, complétée par l’urgente nécessité de renforcer la transformation locale afin de lutter efficacement contre la cherté de la vie.
Représentant le ministre de l’Agriculture, du développement rural et des productions vivrières, Bruno Koné, le directeur régional Abel Souelé Konaté a salué les agriculteurs, qualifiés de « bâtisseurs de la nation ». Selon lui, l’avenir économique et la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire reposent désormais sur une jeunesse bien formée et ouverte aux technologies modernes.
Pour rendre les campagnes plus attractives et sécurisées, le représentant du ministre, Abel Souelé Konaté, a recommandé l’accès facilité aux financements, le déploiement de pratiques écoresponsables et l’accompagnement technique.
Il a d’ailleurs invité les producteurs à se rapprocher massivement des services déconcentrés de l’État pour bénéficier des distributions d’engrais et des appuis disponibles. Le sous-préfet d’Alépé, Alain Gué, a abondé dans ce sens en affirmant que seules les pratiques innovantes briseront les clichés pénibles du métier pour séduire les jeunes.
Au-delà des panels de discussion, cette célébration a été marquée par un défilé haut en couleur des acteurs du monde rural, des distinctions spéciales, des expositions agricoles et l’inauguration officielle du tout nouveau siège régional de l’ONACI.
AP/Sf/APA







