À l’occasion du quatrième jour des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), un séminaire stratégique s’est tenu à Abidjan, réunissant des représentants du secteur privé issus de 40 pays africains. L’objectif : explorer les opportunités de collaboration avec la Banque et renforcer la participation du privé dans le développement du continent.
« L’Afrique ne pourra pas se développer sans un secteur privé dynamique. Ce séminaire est l’occasion de mieux comprendre notre fonctionnement et les modalités de partenariat avec nous », a déclaré Gauthier Boulard, directeur principal de la mobilisation des ressources et des partenariats à la BAD.
La Banque a profité de cette rencontre pour partager des informations clés sur son plan de passation des marchés, ses politiques contractuelles et les procédures permettant aux entreprises d’accéder aux opportunités de financement. Les règles de passation, la lutte contre la corruption et les exigences d’intégrité ont également été abordées.
Ronald Rateiwa, chargé principal de la stratégie et des infrastructures à la BAD, a mis en avant la Stratégie décennale 2024-2033, qui vise à financer davantage de projets « transformateurs », c’est-à-dire générant un impact structurant sur les marchés où ils s’implantent. « Nous sommes prêts à soutenir le secteur privé dans cette dynamique », a-t-il assuré.
Parmi les participants, Cheikh Ibra Faye, directeur de Faye Groupe Services (présent au Sénégal, au Mali et en Côte d’Ivoire), a évoqué son projet de remplacement du parc automobile urbain ouest-africain par des véhicules à énergie renouvelable. Il a salué l’échange comme un tournant : « J’ai obtenu une information cruciale que je cherchais depuis un an. »
En réponse, Aude Apetey-Kacou, responsable des opérations du secteur privé pour l’Afrique de l’Ouest, a confirmé l’intérêt de la Banque pour les transports urbains : « Ce projet est éligible, mais il nécessite un cadre d’échange plus approfondi pour en évaluer la structuration, le financement et l’état d’avancement. »
D’autres initiatives ont été soumises à l’appréciation de la BAD : création de réseaux sociaux africains, développement de laboratoires biométriques pour le dépistage du cancer du col de l’utérus, usage de l’imagerie satellitaire, ou encore appui aux PME.
« La santé reste une priorité pour la Banque, mais d’autres secteurs clés comme l’agriculture ou les technologies le sont tout autant », a rappelé Boris Honkpehedji, directeur principal des opérations du secteur privé.
Selon le rapport transmis par l’APO Group au nom de la BAD, à la date du 31 décembre 2024, 46 % du portefeuille d’investissement de la Banque était orienté vers le secteur financier, suivi de l’énergie (16 %), de l’industrie (15 %), des transports (9 %), de l’agriculture et des affaires sociales (9 %), et des projets multisectoriels (5 %).
GIK/fss/te/Sf/APA






