Les institutions africaines de financement du développement (IFD) renforcent leur coordination autour de la Mission 300, initiative conjointe du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et du Groupe de la Banque mondiale, visant à connecter 300 millions d’Africains supplémentaires à l’électricité d’ici 2030.
Réunis dans le cadre des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) à Brazzaville, plusieurs responsables financiers africains ont appelé à une mobilisation rapide des capitaux du continent, estimés à près de 250 milliards de dollars détenus par les institutions de financement du développement (IFD).
Cet appel a été formulé lors d’un événement parallèle de haut niveau organisé au Centre international de conférences de Kintélé, sous la modération de Daniel Schroth, autour du thème : « Mobiliser les IFD et les capitaux africains pour soutenir la Mission 300 ».
Temps fort de la rencontre, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a officialisé un nouvel engagement en faveur de l’initiative. Selon Oumar Tembely, l’institution mobilisera environ 1,1 milliard de francs CFA (près de 1,7 million d’euros) pour soutenir la Mission 300.
Cette annonce intervient dans un contexte où le financement global du programme est estimé à 238 milliards de dollars, dont environ la moitié devra être assurée par le secteur privé.
En ouverture des travaux, Kevin Kariuki a insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée entre acteurs financiers africains.
Il a rappelé qu’« aucune institution ne peut, à elle seule, atteindre l’objectif de la Mission 300 », appelant à la création d’une coalition des institutions africaines de financement du développement afin d’améliorer la cohérence et l’impact des investissements.
Cette coalition pourrait associer notamment la Trade and Development Bank (TDB), Africa50, African Guarantee Fund (AGF) et Cygnum Capital, en lien avec la Banque africaine de développement.
Mobiliser les capitaux africains disponibles
Les participants ont mis en avant l’importance des mécanismes de financement mixte et des dispositifs de réduction des risques, notamment ceux du Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), afin de stimuler les investissements privés dans le secteur énergétique.
Constant N’zi a souligné l’ampleur des ressources internes disponibles : « Il y a 2 500 milliards de dollars qui dorment dans les bilans des banques commerciales africaines. »
Il a toutefois insisté sur la nécessité de transformer ces liquidités en financements productifs au service des infrastructures et de la croissance.
Les échanges ont également replacé cette initiative dans le cadre plus large de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), portée par la Banque africaine de développement.
Le président du groupe TDB, Admassu Tadesse, a réaffirmé l’engagement de son institution : « La Mission 300 est une initiative à laquelle nous adhérons depuis le premier jour. »
Les discussions tenues à Brazzaville traduisent une volonté croissante des institutions financières africaines de jouer un rôle central dans le financement des infrastructures énergétiques du continent.
Les participants estiment que la réussite de la Mission 300 dépendra principalement de trois leviers : une meilleure coordination institutionnelle, une mobilisation accrue des capitaux africains et le renforcement des mécanismes de garantie et de financement mixte.
TE/Sf/APA






