L’Angola s’impose comme l’un des exemples les plus marquants de relance du secteur pétrolier en Afrique.
Selon la Chambre africaine de l’énergie (CAE), grâce à une série de réformes structurelles et à une stratégie volontariste d’attraction des investissements, l’Angola a réussi à inverser la tendance du déclin et à relancer durablement son industrie des hydrocarbures, se révélant comme un modèle de développement du secteur énergétique.
Dans son ouvrage « Crude Oil : Power , Turnaround, and Transformation in Angola », NJ Ayuk revient sur cette transformation, qu’il attribue à des choix politiques et institutionnels majeurs engagés depuis 2017 sous la présidence de João Manuel Gonçalves Lourenço et avec l’appui du ministre des Ressources minérales, du Pétrole et du Gaz, Diamantino Pedro Azevedo.
Au centre de cette dynamique, l’Angola a profondément restructuré son secteur pétrolier. La création de l’Agence nationale du pétrole et du gaz (ANPG) a permis de clarifier la régulation du secteur amont, tandis que la compagnie nationale Sonangol a été recentrée sur ses activités opérationnelles.
Cette nouvelle organisation a renforcé la transparence, simplifié les procédures d’octroi de licences et amélioré la lisibilité du cadre d’investissement. Le pays a également lancé un vaste programme d’attribution de concessions, dont une grande partie a déjà été attribuée.
Une stratégie d’ouverture aux investisseurs
Pour stimuler l’investissement, l’Angola a introduit en 2021 un régime d’offre permanente permettant aux entreprises de soumissionner en continu sur des blocs pétroliers, en dehors des cycles classiques d’appels d’offres.
Ce mécanisme a rapidement porté ses fruits, avec l’attribution de plusieurs dizaines de blocs en quelques années. Parallèlement, des dispositifs spécifiques ont été mis en place pour encourager l’exploitation des gisements marginaux et optimiser les champs pétroliers matures.
En 2024, un décret sur la production supplémentaire a été adopté afin de maximiser la récupération des ressources et prolonger la durée de vie des gisements existants.
L’Angola accélère également sa stratégie de diversification énergétique en misant sur le gaz naturel. Fort de ressources importantes, le pays cherche à structurer une filière complète, soutenue par un cadre réglementaire renforcé, notamment la loi sur la monétisation du gaz et le plan directeur du gaz.
Ces réformes ont déjà permis le lancement de nouveaux projets, dont le développement du gaz non associé et plusieurs découvertes récentes dans le secteur.
Un effort accru dans le raffinage
Malgré une production pétrolière élevée, l’Angola dépend encore fortement des importations de produits raffinés. Pour réduire cette vulnérabilité, le gouvernement développe de nouvelles capacités de raffinage à travers plusieurs projets industriels, notamment à Cabinda, Lobito et Soyo.
Pour NJ Ayuk, l’expérience angolaise démontre que les difficultés du secteur pétrolier africain ne sont pas dues à un manque de ressources, mais à des environnements réglementaires et institutionnels inadaptés. Selon lui, des réformes cohérentes et une plus grande flexibilité peuvent suffire à restaurer la confiance des investisseurs et relancer la production.
TE/Sf/APA






